03 mars 2009

Une pipe de David Enrique, et quelques considérations


Il y a quelques temps de cela, le facteur sonne. Bien sur, j'étais debout depuis longtemps. J'aime à me lever à l'aube, je lis, j'apprends des vers, bref, je lâchai l'exemplaire de Mickey Parade, marchai sur la queue du chat, mais arrivai assez vite pour qu'il (le facteur, pas le chat, soyez attentif) puisse me tendre deux colis.
Deux colis ! D'un coup ! Alors que je n'en attendais aucun. Voilà une journée qui commençait bien.
Premier colis : une pipe de David Enrique, avec son support, en-dessous duquel je trouve un mot très gentil, du tabac.
Second colis : plein, plein de choses qui se fument ! C'est un envoi de Claudius, qui m'offre aussi cette pipe de David, dont il avait bien noté qu'elle m'avait tapé dans l'œil.

Comme tout cela faisait beaucoup d'un coup, je me suis assis. J'ai regardé la pipe, toutes les boîtes et les sachets qui allaient avec. Je me suis relevé pour écrire deux mails maladroits. Puis j'ai fumé cette pipe.

David fait à chaque fois des progrès, des avancées. C'est certainement le meilleur bec qu'il ait taillé : il les fait de plus en plus fin, et la forme et le poids de la pipe le permettant, le moins large possible, comme je les aime.

La pipe est vierge, je suppose simplement passée au shellac. Elle s'entend bien avec mes mélanges, et elle commence à se colorer délicatement. Je n'ai pas été toujours attiré par le bambou. J'y suis venu sur le tard, avec une pipe de Tom Richard, et une de Peter Heeschen, en bambou noir. Généralement, les bambous sont plus larges que les tiges, d'où une sensation d'avoir une excroissance, et non pas un prolongement, comme c'est le cas ici.

David a commencé à travailler le morta, ce qui lui a permis, enfin, d'écrire à nouveau sur son blog. Le lien est dans la liste, à gauche, allez-y, vous ne regretterez pas le voyage. Moi j'aime bien qu'un pipier se serve d'un blog, pour nous dire ce qu'il fait, où il en est, même en cours de travail.

J'ai presque fini le colis de Claudius - mais maintenant, quand je vois quelqu'un dans rue, qui boite, je ne peux m'empêcher de penser que lui aussi a reçu des "échantillons" de Claudius, mais que le colis a glissé et qu'il se l'est pris sur le pied...

Sinon, au cours de mes pérégrinations sur le web, je tombe sur la page d'un blog où il est question de pipes. Ah voilà qui m'intéresse. Dommage, à la lecture, je me rends compte que les images d'Epinal ont la vie dure. L'auteur nous parle de Saint-Claude, "capitale mondiale de la pipe", du Danemark, "royaume de la pipe", de Sixten Ivarsson, "qui travaille toujours"...

Je me fends d'un commentaire, pour dire à l'auteur que si l'on doit parler de capitale ou de royaume de la pipe, ça n'est plus ni à Saint-Claude, ni au Danemark, je pense que le royaume s'est déplacé, en Allemagne ou aux Etats-Unis, selon les goûts. Et Sixten Ivarsson est mort en 2001. Mais la personne a la bonne idée de parler de Philippe Bargiel, à qui j'ai eu la chance de rendre visite, avec Laurent, dit Kalabash, il y a quelques jours. Je lui signale quelques autres pipiers français, et qui ne sont pas toujours à Saint-Claude.

D'autre part, mon petit billet sur la pipe de Prungnaud m'a valu quelques réactions curieuses. Un certain Anonyme m'écrit : Mouais. Tout cela est quand même moins drôle et moins fin que les chroniques de l’Ogre.
Eh bien, je suis heureux que vous en parliez. Je suis bien d'accord avec vous. Bien sur, mes petits billets sur mon blog ne cherchent pas à être plus fins et plus drôles que les Chroniques de l'Ogre (cliquez, si j'ai bien travaillé, vous arriverez dessus). D'abord parce que je n'ai pas le talent d'Erwin Van Hove. Et ensuite qu'ici c'est juste un blog personnel. Ce qui m'ennuie, c'est que j'ai l'impression que vous vous forcez à me lire, alors que vous pensez, à juste titre, qu'il y a des lectures plus intéressantes. Alors ça m'ennuie pour vous. Vraiment, ne vous forcez pas.

Un autre Anonyme écrit ceci :
Tout de même , il y en a qui ont du mal à comprendre :

Si on n'est pas d'accord avec les usages du groupe FdP , on la ferme !

Point barre

Ce qui d'ailleurs n'a aucun rapport avec Gérard Prungnaud. Peut-être avec mon cauchemar ? Mais alors je me dois de mettre au point deux ou trois petites choses.

Bien sur, chaque groupe a ses usages. Cela n'empêche pas la discussion - j'entends par là avec ceux qui ont quelque chose à dire. Personne n'est obligé de s'inscrire sur ce groupe. Personne n'est obligé de lire les messages. Je ne force personne. Je ne vais chercher personne. Je ne suis pas inscrit sur d'autres groupes dans le but d'écrire à leurs membres des messages personnels du style : "viendez chez moi". Alors, si le fait qu'une affirmation puisse demander des explications, des éclaircissements, dérange, il n'est même pas besoin de trépigner, le plus simple est de partir.

Et ce matin, voilà que je reçois ce commentaire : tout ça c'est du blabla, aucun intérêt, journalistiquement c'est nul

Force m'est de constater que je suis d'accord avec Anonyme. Journalistiquement, (?) c'est certainement nul. Et cela tombe bien, je ne suis pas journaliste. C'est un blog, pas un journal, une revue, ou une gazette. Bien sur, je pourrais faire croire que je ne suis pas tout seul, et afficher quelque chose comme : pour toutes réclamations, contactez la rédaction. Mais non. Ca n'est que moi.

Tout au plus puis-je ajouter qu'après tout, certains journalistes eux-mêmes ne font pas vraiment bien leur travail. Dernièrement, comme je le disais plus haut, j'ai eu le plaisir de discuter avec Philippe Bargiel. Tout amateur de pipes en a entendu parler, comme il a entendu parler de ses pipes d'écumes, trempées dans du blanc de baleine. Or voilà qu'un légende courait sur ce blanc de baleine : bien sur, il était impossible de s'en procurer, mais Philippe Bargiel en avait une quantité suffisante à sa disposition pour travailler de longues années tranquillement. Or, au cours de cette visite, il a bien voulu nous expliquer qu'alors qu'il allait manquer de cette matière, et qu'il s'apprêtait à arrêter de travailler, il a trouvé une matière équivalente !

Ceux que cela intéressent en apprendront plus ici :
http://www.fumeursdepipe.net/artbargiel.htm

Tout de même, c'est une nouvelle, et même, comme on dit, un scoop. J'aurais bien aimé l'apprendre cette nouvelle, dans un journal, une revue, sur le web, sous la plume d'un journaliste encarté. Hélas, même les journaux censés s'intéresser à la pipe préfèrent passer de la pub...

Dans la même veine : un membre du groupe, qui n'est pas journaliste, est allé rencontrer Jean Nicolas, à Lyon. Je connaissais Jean Nicolas par oui-dire, jusqu'à ce qu'il me contacte, pour me signaler qu'il avait ouvert un site internet, et me propose un échange de liens. J'en profite bien sur pour lui poser quelques questions, par mail. Mais le mail, ça n'est pas vraiment son truc. Quelques temps passent, et Mathieu me propose d'aller le voir, et de prendre quelques photos. Je lui transmets de suite la batterie de questions habituelles. Entretemps, je relis tout ce que l'on peut trouver sur Jean Nicolas, dans la presse et sur le net. Ce qui est sur, c'est que les journalistes, les vrais, ne se foulent pas. J'ai l'impression de relire le même article, sous des signatures différentes.
Or, Mathieu, qui n'est pas journaliste, mais qui est curieux, apprend que Jean Nicolas fait aussi des écumes, et qu'il emploie aussi le blanc de baleine. Et ça c'est un deuxième scoop, puisque jusque là, tout le monde pensait que seul Philippe Bargiel plongeait ses pipes dans cette matière.
Pourquoi ceux qui travaillent pour des journaux, des sites webs, des revues, des gazettes, n'en avaient-ils pas parlé ? Pourquoi avoir pris la peine de faire le déplacement, pour finalement se contenter de résumer l'historique de la dynastie Nicolas ? Peut-être parce que, comme journalistes, ils sont aussi nuls que moi ?

Tout cela pour dire à cet Anonyme que je l'encourage à visiter le site Fumeurs de Pipe, plutôt que mon blog : sur le site, je ne suis pas le seul à travailler, il y a donc, la preuve, des choses plus intéressantes.

D'autre part, j'ai aussi des commentaires gentils, mais je ne sais pas toujours comment contacter ces personnes pour leur répondre, qu'elles ne m'en veuillent donc pas.

2 commentaires:

Erwin a dit…

Ma langue maternelle à laquelle, souvent, l'élégance et la précision du français font défaut, parfois se montre remarquablement pertinente. "Een krant", c'est un journal. C'est informatif, c'est sérieux, c'est fait par des journalistes perspicaces et connaisseurs. Par contre, "een gazet", c'est un canard. C'est superficiel, c'est populaire, c'est fait par des écribouilleurs de camelote et des paparazzi incultes qui se prennent pour des journalistes.

Personnellement je préfère de loin la frivolité sans prétention d'un blog à la futile insignifiance d'une gazette.

Frac a dit…

François C à dit...

Certain, critiques littéraires à leurs heures, journalistes de haut vol ou même, peut-être, censeurs officiels, sont tellement fiers de leur prose qu'ils n'hésitent pas à la parapher d'un élégant "anonyme".
Sans commentaire...

Merci Guillaume de partager tes passions avec des textes de qualité. Continue !