26 avril 2010

Attitude inappropriée

Régulièrement, quand on est à la tête d'un site, d'un forum, ou d'un blog, on essaie, avec plus ou moins de réussite, plus ou moins de bonheur, et plus ou moins d'efforts, de les faire connaître.

Il y a plusieurs façons de s'y prendre, bien sûr.

Vous pouvez travailler.

Vous pouvez, dans le domaine qui nous occupe, contacter des pipiers, contacter des auteurs, contacter des collectionneurs ou des pipe-clubs, bref, vous pouvez passer pas mal de temps à courir après des informations. Vous pouvez ensuite les résumer de la façon la plus claire qui soit. Vous devez ensuite les mettre en ligne. Bref, un travail prenant, mais qui aura pour mérite d'intéresser.

Voire même de fédérer des amateurs, des curieux, des passionnés.

D'autres usent d'autres manières. Ils ne rassemblent pas autour de sujets intéressants, non, plutôt autour de leurs intérêts. Ils veulent se poser en cavalier blanc, et montrer du doigt ceux qui sont sujets à leur mépris. Ils regroupent autour d'eux une petite cour, qui applaudit, hurle sa joie, un peu comme ces supporters des matchs de foot qui ne sauraient tenir un cent mètres, mais savent parfaitement hurler en cœur des trucs du genre : Paris, on t'encule !

Ca n'est plus un esprit de groupe, plutôt un esprit de bande. En bande, anonymement, ils sont très courageux. Tous seuls, on ne les entend pas. Ne leur demandez pas non plus de raisonner.

-Pardon, pourriez-vous étayer vos propos ?

-Paris, on t'encule !

-Vous faites erreur, je suis bordelais

-Ah ? Flûte ! Attendez, bougez pas, restez là … ça va me revenir … je l’ai sur le bout de la langue … Bon, je vais demander … Eh, les gars ! Le monsieur vient de Bordeaux … Quoi ? … Ah, ok, merci les mecs … Bon, vous êtes toujours là ? alors, attention, j’ai la réplique qui tue de la mort :
Bordeaux, on t'encule !

Vous allez me dire que je grossis le trait ? Pas vraiment, hélas.

Curieusement, d'ailleurs, alors qu'ils n'hésitent à vous rouler dans la boue, sans que le maître des lieux ne daigne s'en émouvoir, voir même intervenir pour mettre le hola, ils vous ont de temps en temps des pudeurs de jeune fille. C'est qu'attention, tatillons ils sont.

Qu'ils parlent de vous comme un voleur, un malhonnête ou un raté, ça bien sûr ils n'y voient aucun inconvénient.

On vous traite de mamelouk, de bécasses, de rat qui n’a pas encore crevé, eh bien ça n’est pas grave : on couvre cela en parlant d’excès de langage.

Vous donnez des surnoms comme « Chipartou », « Mouchevairte », vous employez des expressions nauséabondes, « Pour le caca nerveux,allez torcher le cul de Chipartou », eh bien, ça n’est pas grave, le cavalier blanc est là pour prendre votre défense, il explique que vous avez le sang chaud, voilà tout. On va pas faire toute une histoire pour de simples excès de langage.

Vous jouez sur les initiales des gens : « Je n'ai pas oublié le coucou Suisse. Nom:WYSS - Prenom:CLAUDE - Monsieur WC pour les internautes », eh bien, cela vous est pardonné, vous avez le droit, la bénédiction du maître des lieux. Vu le vocabulaire qu’on y emploie, on pourrait ajouter : lieux d’aisance.

Pourtant, le même maître des lieux avait bien établi son programme, au départ : " C'est un problème qui relève de la responsabilité du « chef » du forum. On est responsable ou on ne l'est pas. On est modérateur ou on est partisan.", " On discute, on débat, on partage, mais on ne s'insulte pas. ", "L'ambiance y est décontractée et on ne se prend pas trop au sérieux. ","... en tant qu'animateur, j'essaie de jouer mon rôle de modérateur et surtout pas de partisan. "

Mais comme je n’ai pas le courage de faire le tout à l’égout, je vais m’arrêter là et signaler tout de même qu’il y a des rappels à l’ordre : « Autre procédé qui n'a pas cours: piquer des photos qui ne vous appartiennent pas, sans aucune indication d'origine et sans accord des auteurs. »

En fait, tout ce que j’ai résumé plus haut, ça, c’est bien. Ca ne mérite pas de réaction. Par contre, prendre des photos sur un blog sans mentionner l’origine de ces photos, à partir du moment où le blog en question est tenu par le cavalier blanc, ça ne se fait pas. Attention, l’anathème se pointe.

Et monsieur cavalier blanc, qui aime bien donner des leçons, en rajoute dans un nouveau billet sur le blog en question :

« Claude Wyss se permet au passage, ce qui constitue une violation du droit, de voler des photos de Lucien Georges prises lors d'une soirée récente à la "Pipe du Nord" à Paris. Je ne sais si les auteurs des clichés apprécieront. Il sont en droit d'en demander le retrait et Lucien Georges lui-même peut l'exiger, dans la mesure où il a autorisé que l'on publie son portrait sur certains sites seulement et non qu'il circule sauvagement sur le web.

Mais on n'en est plus à une pratique incorrecte près. »

Et bien, ça m’a étonné, voyez-vous, parce que le cavalier blanc, ayant voulu éclairer le monde de sa science pipière, a créé une page, sur une encyclopédie corporative. Sur cette page, il y a, outre de mauvais copier-collers de ce que l’on trouve ailleurs, de superbes illustrations. Et sous ces illustrations, peut-on voir une « indication d’origine » ?

Parce qu’après tout, quand on se permet de faire la leçon aux autres, il faut être soi-même irréprochable, n’est-ce pas ?

Eh bien non, il y en a qui donnent des leçons, mais qui ne montrent pas l’exemple.

Il y a notamment une illustration empruntée au site du Pipe-Club de Lille, mais sans qu’il soit nommé. Bien sûr, si l’on pose la question aux animateurs de ce site, je pense bien qu’ils seraient enchantés que l’on emprunte leur matériel. Mais justement, pourquoi ne pas les avoir cités ? Cette image, d’ailleurs, a peut-être été empruntée à une autre source pour l’occasion. Je n’y vois pour ma part aucun problème.

Il y a une image intitulée « Pipe shape shart », les formes des pipes. Soit le cavalier blanc, qui tance ceux qui ne citent pas son blog, est fort, très fort, en dessin, soit … mais voyons, regardons cette image. Elle nous dit quelque chose. On l’a déjà vue quelque part. Qu’à cela ne tienne, il y aura forcément, en-dessous ou à côté, une « indication d’origine » ?

Tiens, non.

Je ne peux y croire ! Comment ! Allons, il ne s’agit pas de Claude Wyss, mais du cavalier blanc, c’est donc certainement une erreur. Ou alors … En faisant une petite recherche, on trouve l’image, complète cette fois-ci. Il faut dire qu’elle a été pour l’occasion très adroitement découpée. Et c’est dommage, c’est vraiment pas de bol, la partie ôtée, c’est justement celle qui indiquait l’origine de la chose !

On a donc le droit, quand on ne s’appelle pas Claude Wyss, de prendre des photos, des images – je ne vais pas citer toutes celles que j’ai reconnu sur cette page – , d’ôter par exemple la partie qui indique « Iwan Ries & Co Pipe Shape Chart », et de l’afficher fièrement, sans aucun problème de conscience.

C’est d’autant plus étonnant qu’outre le nom du site, il y a deux logos, à gauche et à droite, pour être certain que la provenance de cette image ne saura être ignorée. Pourquoi donc l'avoir cachée ? Pourquoi s'être donné tout ce mal, pour après sermonner les autres en leur demandant de respecter le droit, et de ne pas prendre le travail des autres sans au moins citer ses sources ?

Il y a des gens au-dessus du droit semble-t-il. Eux, ils peuvent le violer. Pas de soucis. Mais ils ne se gênent pas pour donner des leçons de morale.

Comme dit l’autre, « on en est plus à une pratique incorrecte près. »

Il faut bien le dire, cette histoire est idiote. Je pense qu’il y a d’autres façons de resserrer les rangs parmi ses troupes.

Cette histoire est idiote, parce que bien sûr, sur Internet les images circulent. A moins qu’elles ne soient l’œuvre d’un photographe, personne ne se sent obligé de citer leur auteur. Deux pipiers seulement m’ont demandé cela. C’est dire que vraiment, cela n’a pas l’importance que voudraient leur donner certains.

Je pense même que cela a si peu d’importance, qu’il n’y avait aucun inconvénient à laisser « Iwan Ries & Co Pipe Shape Chart ».

Je pense que du coup il était inutile de trouver ce biais des images empruntées sur un site pour attaquer Claude Wyss. Je pense que l’animateur du blog où s’enchainent les attaques contre les uns et les autres, qui rappelle si souvent que quand n’est pas content du travail d’un pipier, il faut d’abord le contacter avant d’en parler ouvertement, aurait pu, encore une fois, non pas donner des leçons, mais montrer l’exemple. Je suis bien sûr qu’en demandant à Claude de retirer ces photos, il l’aurait fait.

Je ne sais du coup ce que va faire Claude Wyss. Mais je ne me fais pas de soucis : c’est un sage.

Ces deux images ne sont d’ailleurs pas la seule attaque dont il fait l’objet. Mais ce ne sont encore que des redites, du réchauffé.

Ceux qui ont parcouru ce billet :

http://fumdepip.blogspot.com/2010/02/un-cadeau-de-rainer-barbi.html

connaissent déjà le monsieur qui apparaît sur ces photos. Ils connaissent sa modestie. Sa très grande modestie. Et je ne crains pas de le dire – même si cela peut surprendre ceux qui se plaisent à ne voir en moi qu’un vil critique – si Claude Wyss supprimait ces deux photos, ce serait dommage. Parce que ce monsieur est beau. Très beau. J’ai cru à une publicité pour une marque de produits de beauté. Parce que lui aussi, il le vaut bien, ou un truc du genre.

Que vous vouliez, ou pas, profiter de la joie que procure toujours le spectacle d’un physique avantageux, ou plus simplement admirer la magnifique collection d’un amoureux du monde pipier, allez donc voir le site de Claude :

http://www.pipesetbouffardes.com/page%200_0.htm

Non seulement Claude Wyss est un homme charmant, mais vous pourrez voir que quand il parle de pipes, c’est qu’il connait bien, lui, la question.

Je termine en redisant que j’ai raté l'occasion de rencontrer Claude lors d'un passage à Lausanne, que je le regrette, que j'avais déjà suffisamment de raisons de vouloir lui serrer la main, et qu'il était inutile d'en rajouter.


31 mars 2010

Le site de Trever et Emily Talbert est rouvert !


Je m'en vais pour une fois, donner une information, ce qui n'est pas dans mes habitudes. Quand j'ai des informations, je n'en fais pas un sujet de billet, mais un message sur mon groupe.

Non, je vais faire mieux mieux que de vous donner une information, je vais vous donner une bonne nouvelle !

Après un long temps d'attente, le site de Trever et d'Emily Talbert est de nouveau ouvert !

Comme je ne veux pas que vous perdiez plus de temps, vous pourrez toujours revenir après, allez vite ici :

http://www.talbertpipes.pair.com/

C'est une ouverture en plusieurs temps, puisque les Goblins seront présentées la semaine prochaine, et les Talbert Briar la semaine suivante - mais vous allez déjà pouvoir vous précipiter sur les Ligne Bretagne, sur les bourre-pipes en bois rares, travaillés de superbe manière, les bijoux, les stylos ...

Vous voyez, vous avez de quoi faire - et personnellement, si je n'étais pas dans une grosse dèche, il y a deux bourre-pipes qui auraient déjà trouvés preneurs.

Je ne pouvais pas passer à côté de cela, parce que les Talbert sont arrivés en France, en Bretagne, l'année même où j'ouvrais le premier forum des Fumeurs de Pipe - méfiez-vous des imitations. Trever a été le second pipier à rejoindre notre groupe. En 2006, il avait créé la Pipe du Groupe, une magnifique poker, je fumais encore tout à l'heure mon exemplaire.

Hélas, si Trever disait que "c'est en France que les choses se passent", s'il était un fervent admirateur d'Alain Albuisson, et d'autres, je dois dire, à grand regret, qu'on ne lui a pas fait la place qu'il méritait chez nous. Une bonne place, celle qu'il méritait. On ne l'a pas invité à la table. Il aura fallu attendre un concours pour que l'on s'aperçoive, à Saint-Claude, des talents outre-atlantique. On prépare des coups, pour cette année. Mais jamais on a eu la bonne idée d'inviter Trever. De le recevoir.De travailler avec lui. On a annoncé sa présence à une manifestation sur la pipe, qui se voulait mondiale. Malheureusement, il n'était pas au courant, et comme les autres, au vu de la somme demandée, il a préféré rester chez lui.

Je dois aussi avouer une grande bêtise, la même peut-être : quand Trever était en France, je ne suis jamais allé le voir. Et quand j'ai eu la chance de rencontrer Trever et Emily à Rheinbach, j'ai cru qu'une occasion de se revoir se reproduirait, et je n'ai pas profité de l'occasion comme je l'aurais du.

Pour diverses raisons, Trever et Emily ont du faire leurs bagages, et même cela n'a pas été simple. Nous attendions la remise en route.

Trever a lancé plusieurs modes, et de cela nous devons lui être gré :

il a été le premier à proposer des pipes faites à partir d'ébauchons percés, qu'il retravaillait, et de quelle manière ! A l'époque, on pouvait faire cela sans que de bons esprits se bouchent le nez en se posant la question de la provenance de telles pipes. C'est ainsi que moi et d'autres ont pu découvrir ce qui furent nos premières pipes d'artisans. J'en ai acheté plusieurs, donné une, revendu une autre, que je regrette encore. Il me reste néanmoins 4 Ligne Bretagne, et une Ligne Bretagne Collector. Ces pipes font toujours partie de mon cheptel, Les 4 LB sont mes premières pipes des quatre premiers jours de la semaine. La Collector, j'ai encore tendance à la reprendre un peu n'importe quand.

Puis, Trever avait racheté le stock de Patrice Sébilo, qui, à l'instar de son prédecesseur, Paul martel, proposait des pipes en morta, du chêne semi-fossilisé. Je crois bien que c'est lui qui, en proposant de superbes modèles, comme les Betafish, a popularisé ce matériau. Et popularisé n'est pas peu dire, regardez ici :

http://www.fumeursdepipe.net/Morta.htm

Il faudra bientôt créer une page pour citer les pipiers qui ne travaillent pas le morta.

J'ai eu la chance de posséder deux Talbert Briar, ces pipes sont maintenant entre de bonnes mains.

Et j'ai encore une Goblin, verte bien sur, avec des griffes, et tout.

Et une morta sablée.

Je suis donc bien placé pour annoncer cette bonne nouvelle : Trever et Emily peuvent enfin travailler, de nouveau, et leur esprit curieux, inventif et artistique est toujours présent, et n'a pas fini de nous surprendre.

19 mars 2010

Didier, du Caïd vend ses pipes




C'est souvent pour de mauvaises raisons que l'on est amené à vendre ses pipes. Bien sur, il y a les pipes dont on se sépare sans regrets, convaincus qu'on ne pourra faire un plus long chemin ensemble, on espère même qu'elle plaira autant à son nouveau propriétaire - mais quand c'est fini, c'est fini.

Et puis il y a celles que l'on est obligé de vendre, mais j'ai déjà abordé la question.

Pour une fois, je vais vous parler d'un cas : Didier, gérant du magasin le Caïd à Paris, s'était amusé - si j'ose dire, vu le travail que cela lui a demandé - à tailler, et oui, c'est le mot, quelques pipes. D'abord lors de son apprentissage avec Pierre Morel chez Chacom, puis pour le plaisir de recréer des formes vues ailleurs, ou pour réaliser un perçage courbe, qui est d'ailleurs un modèle du genre.

Nous avons été nombreux, connaissances et clients, à baver devant ces modèles et à lui demander, de façon plus ou moins insistante, pourquoi il ne voulait pas les vendre. Une de ses clientes, qui lui faisait des demandes répétées, a fini par lui proposer une telle somme que Didier, pour une fois, avait accepté. Mais comme nous n'avons pas les moyens de cette dame, qui malheureusement pour nous, fumeurs de pipe célibataires, est mariée, nous nous contentions de regarder ces pipes.

Didier est un cas, en ce sens qu'il a donc fait ces pipes, mais qu'il ne les a pas fumées. Ce qui est déjà regrettable en soi. C'était pour lui des modèles de son savoir-faire, qu'il préférait laisser exposés.

Voilà donc un pipier qui doit revendre des pipes qu'il gardait soigneusement de côté. Pourquoi ? Et bien, je sais bien qu'il est de bon ton d'avoir l'air d'être au courant, pour faire montre d'une sympathie à arracher des larmes aux crocodiles, mais voilà, Didier m'a demandé de ne pas rentrer dans les détails. Et il me semble d'ailleurs que le jour où il désirera que ces détails soient connus, il est assez grand pour les donner lui-même. Je vais donc résumer : Didier est dans une situation difficile. Et il se trouve qu'il a un besoin urgent, et sérieux, de fonds. Non, Didier n'est pas joueur. Non, il n'a pas braqué une banque. Ni même le musée de Saint-Claude.

Mais il doit se résoudre à vendre ces pipes. Il y a, il y aura du coup, je l'espère, quelques pipes en moins exposées dans les vitrines du Caïd. Mais le fait est là : soit Didier vend sa moto, qui lui est bien utile, soit il vend ses pipes. Nous sommes tombés d'accord pour penser que pour lui, fabriquer une pipe est beaucoup plus simple que fabriquer une moto.

Alors voilà, elles sont là :

http://www.fumeursdepipe.net/ventedidier.htm

Je sais, les images ne sont pas parfaites, mais il fallait faire vite.

Vous pouvez les regarder, avoir un coup de coeur, faire des propositions.

Il suffit de contacter Didier, mais je l'ai vu au magasin tout à l'heure : outre ses soucis du moment, Didier a beaucoup de travail. Donc, si vous lui écrivez, on espère que ce sera pour une bonne raison.

01 mars 2010

La Compagnie des Pipes

Il me fallait bien en parler ici, je n’avais pas eu le temps de le faire plus tôt. Si elle est parfois compliquée, l’aventure est amusante. Je ne sais combien de temps elle durera d’ailleurs. Mais j’ai lu ici et là des propos de gens vraiment mal informés, et il me semble qu’il me faut aussi préciser deux ou trois choses.

J’en profite pour inviter Gilles, qui voulait apporter sa réponse à un anonyme du genre fielleux. Vous me direz, inviter quelqu’un à écrire sur son blog, attention. Il y a eu des précédents fâcheux. Mais avec Gilles je suis bien tranquille. C’est un garçon sérieux. Il ne s’exprime pas en termes « pipicaca ». Vous pourrez le lire plus bas.

Voilà donc quelques mois que, lors du retour du Pipe-Show de Rheinbach, nous évoquons avec Gilles l’idée d’un site de vente. En effet, malgré toutes les assurances possibles, beaucoup craignent encore d’acheter une pipe sur un site web étranger. La sécurité des opérations, le risque de voir son colis perdu, le paiement qui peut sembler compliqué, tout cela rebute. Et si nous proposions un site français, qui proposerait de payer par CB, par Paypal bien sur parce que c’est obligatoire, et même par chèque ?

Le nom « la Compagnie des Pipes », c’est moi qui l’ai trouvé. Avant toute chose, je pense déjà au site, à la façon dont il va être présenté. Laurent, dit Kalabash, grâce à qui nous avons pu faire le voyage, trouverait très joli d’ajouter « Voyage en terres de bruyère » ? Banco !

A en lire certains, on aurait pu penser que l’affaire était faite, que d’ors et déjà nous pouvions compter sur des rentes, et que nous allions arrondir nos fins de mois avec une grande facilité. Mieux que le loto, mieux que la cagnotte, plus facile que de jouer au PMU, la vente en ligne de pipes. J’aurais bien aimé, mais ce n’est pas aussi simple.

Tout d’abord, il faut créer sa société. Gilles me conseille le statut d’auto-entrepreneur, qui sera le plus simple à monter. Très bien. Il faut dire que l’on nous explique partout qu’être auto-entrepreneur, c’est d’une simplicité enfantine. Après quelques lectures pour creuser la question, je me sens confirmé dans l’idée que c’est fastoche, qu’il suffit d’aller sur le site des auto-entrepreneurs, et qu’en deux coups de cuillère à pot, ça va être réglé.

L’opération est presque simple : vous rentrez vos coordonnées, le nom de la société, etc. … Seule petite complication : comme ça se fait par internet, il vous faut tout de même scanner votre carte d’identité, et la joindre en signant et en assurant que le type à qui le photomaton à fait la tête d’un repris de justice, c’est vous. Une fois fait, vous attendez.

Trois semaines plus tard, vous recevez un mail qui vous signale que votre dossier est à refaire. Pourquoi ? Mais voyons, on vous avait bien dit haut et fort que l’inscription se faisait sur internet, mais on glisse sur le fait qu’une fois le dossier enregistré et envoyé via le site, il faut imprimer le tout et l’envoyer … par courrier. Rebelote.

Les jours passent.

Enfin, une réponse ! Chic ! Malheureusement, on vous signale que votre demande de créer une auto-entreprise est rejetée. C’est en voulant contacter les personnes qui pourraient vous expliquer le pourquoi du comment du parce que, que je me rends compte que le dossier rejeté … n’est pas le mien. Malaise de la personne au téléphone, qui me confirme que pour moi, c’est bon, mais qu’il y a du avoir une « inversion de dossier ». Les dossiers invertis, c’est terrible. Je renvois donc celui que l’on m’a adressé par erreur.

Enfin, quelques temps plus tard, ça y est ! Vous recevez l’acte de naissance de votre société, un papier de l’Insee. Pendant ce temps-là, vous n’êtes pas resté sans rien faire, vous en êtes à la version 12 bis de votre futur site internet, et vous en êtes déjà de pas mal de sous en achats de tente à lumière et de grosses ampoules pour faire des photos. Vous n’en admirez que plus le savoir-faire de sites comme Smokingpipes, ou les photos de Trever Talbert ou David Enrique. Vous baviez déjà en voyant leurs pipes, maintenant en plus vous vous demandez bien, nom d’un chien, comment ils arrivent à faire des photos comme ça !

Bien, votre société existe. Le site, en préparation, est montré à divers pipiers. Gilles passe beaucoup de temps à les contacter, à leur dire où nous en sommes, à les tenir au courant. Ne vous reste plus qu’à créer un compte bancaire.

Vous vous rendez donc une première fois à la Poste. Vous attendez. Une dame gentille vient voir ce que vous voulez, vous écoute, et vous demande si vous avez fait un prévisionnel. Vous ne savez pas ce qu’est un prévisionnel ? Moi non plus. En gros, on vous demande de dire, de prédire plutôt, combien vous allez engranger de pognon dans l’année qui vient. Je dis à la dame que je n’en sais rien, mais que si ça peut lui faire plaisir, je peux toujours inventer. Elle me conseille de m’adresser à un comptable. Voui, ça tombe bien, je suis en fonds en ce moment. Au revoir Madame.

Là aussi, c’est fort utile, je dirais même indispensable d’avoir un Gilles sous la main. Vous lui résumez l’affaire, partagé entre « catastrophé » et « dégoûté ». Aussitôt, Gilles vous retrouve l’article exact où il est mentionné que pour créer une auto-entreprise et lui adjoindre un compte en banque, nul besoin de prévisionnel. Vous repartez à la Poste.

Là, on vous demande un nouveau truc, un code machin je ne sais plus quoi. Vous retournez chez vous, renvoyez un mail à Gilles, qui renvoie l’article où il est précisé que dans le cas d’une auto-entreprise, on ne vous donne pas un code comme celui-là. Vous repartez à la Poste.

Vous trouvez ça long ? Moi aussi. A la Poste, trop de monde, vous reviendrez le lendemain. En passant devant l’agence d’une banque privée, vous vous dites que ça va être plus simple. Vous entrez, exposez votre cas. L’hôtesse vous prend un rendez-vous avec le directeur de l’agence. Elle doit débuter, ou ils veulent faire bonne impression. Malheureusement, le rendez-vous n’est que dans dix jours. C’est loin. Vous demandez quels papiers vous devez apporter, histoire de gagner du temps, la charmante répond que c’est le directeur qui me dira ça. Vous sentez que ça va être très, très long.

Vous rentrez chez vous, allez voir le site de la Poste, il y a un numéro, vous appelez, votre dossier est enregistré dix minutes plus tard, il n’y a plus qu’à le renvoyer signé. Vous attendez après avoir obtempéré.

Les jours passent. Entretemps, les pipiers ont leurs pipes prêtes. Les rares personnes au courant de l’affaire vous demandent d’un ton intrigué « Quand ? »…

Puis vous recevez trois enveloppes, d’un coup, dans votre boite. La première vous signale que vous allez recevoir votre carte bleue. La seconde vous donne le code de votre carte bleue. La troisième contient la carte bleue. Il ne vous reste qu’à mettre de l’argent sur votre compte, pour pouvoir retirer un peu d’argent et débloquer la carte. Et même, vous allez pouvoir ouvrir un compte Paypal.

Voilà, ça y est, vous êtes presque prêts. Les pipes sont arrivées. Comme votre installation photo est au rez-de-chaussée et vous à l’étage, et qu’il faut s’y reprendre à plusieurs fois, vous vous musclez les fesses.

Puis vient l’ouverture. Vous l’annoncez bien sûr aux pipiers, et bien sûr aux membres de votre forum, si vous en avez un. Je ne vous l’ai pas dit ? J’en ai un. Beaucoup, beaucoup de messages de félicitations. Beaucoup. On vous assure que les pipes sont belles et qu’elles partiront comme des petits pains. Voilà. Et là vous attendez.

Bien sûr, ouvrir un site de vente début février, alors que les impôts vont passer, et les vacances aussi … Et puis, vous vous rendez compte que vous n’auriez pas du afficher que prochainement, vous allez proposer des pipes de Pierre Morel. Pas une bonne idée, ça. Parce que du coup les gens attendent de voir, avant de se décider. Cela dit, c’est avec beaucoup d’émotion que vous emballez le premier colis, puis le second, etc. …

Outre les réactions de sympathie que cela a engendré, il y en a, cela n’est pas surprenant, qui le sont beaucoup moins. Pour tout dire, je les attendais. Il y en a qui ne vous déçoivent jamais. On signale qu’on peut aller ailleurs sans problème : je le sais bien, voilà plus de sept ans que je signale l’existence de sites de ventes à l’étranger, et leurs mises à jour – et je continuerai. On rappelle que sur d’autres sites de vente, les vendeurs sont compétents, et qu’en cas de soucis, on peut facilement s’arranger avec eux. Je le sais, sans cela je n’en parlerai plus. Je constate d’ailleurs que ces sites ne proposent pas du tout le même choix de pipes que nous. Ayant reçu une proposition d’un pipier qui voulait travailler avec nous, je lui ai répondu qu’étant donné qu’il avait déjà un distributeur en France, que je connais, nous allions d’abord en parler avec lui. On m’invente des collaborateurs. On me conseille tel ou tel pipier. Curieux comme ceux qui ne font rien en savent toujours plus long que les autres. Et vient la grande question : quid de mon honnêteté, là-dedans ? Car enfin, c’est vrai, comment concilier l’animation d’un forum, l’animation d’un site, l’animation d’un site de vente, tout en restant impartial ? Vous le sentez venir, le conflit d’intérêt ?

Cette question, je savais qu’elle serait mise sur la table, parce que je me l’étais déjà posée moi-même. Et que d’ailleurs elle s’est déjà posée. Il y a de cela quelques années, le créateur du Forum du Chien qui Fume – le deuxième forum sur la question – m’avait proposé de m’occuper de la partie forum, alors qu’il s’occuperait de la partie vente. De fermer donc Fumeurs de Pipe, et de venir, accompagné de mes fidèles membres, sur son forum. J’avais refusé, parce que je craignais justement qu’on en vienne à me demander de tancer ou de censurer tels et tels propos tenus sur les produits vendus. Je voulais garder ma liberté, et celle de mes membres. L’affaire en était restée là, et la partie vente a été fermée depuis longtemps. Or, il se trouve que depuis, j’ai eu maintes fois l’occasion d’être rassuré sur ce point.

Les membres de mon forum ont leur quant-à-soi, certains diraient même qu’ils sont de fortes têtes. Il y a des forums où, quand une question se pose, on répond qu’on attend de savoir ce qu’en pense le boss avant de réagir. Moi, c’est le contraire. Quand arrive une embrouille, il faut demander le calme. Oui. On peut toujours le demander, mais on se rend très vite compte que beaucoup ne vous écoutent pas. Quand doit s’organiser un dîner, et que vous demandez à ceux qui pourront venir de le signaler, vous pouvez être sûr que les réponses que vous obtiendrez viendront de ceux qui ne pourront pas venir. Les autres se signaleront plus tard. Dans d’autres fils de conversation, ou en privé. Tout cela est parfois compliqué, souvent réjouissant, mais comme je le disais, rassurant.

Les membres de Fumeurs de Pipe ne se croiront pas obligé d’aimer les pipes de la Compagnie des Pipes. Si quelque chose ne va pas, ils n’hésiteront pas à le faire savoir. Et puis pour tout dire, nous espérons bien ne pas nous en tenir aux membres de Fumeurs de Pipe pour seule clientèle. Ils sont très gentils, ils nous aiment bien, nous soutiennent, mais bon. Quand ils achètent une pipe, c’est pour la pipe, pas pour nos beaux yeux.

Certains gentils anonymes ont même, je ne dirais pas sous-entendu, le sous-entendu demande une certaine finesse, ont même déclaré que si j’ouvrais ce site de vente de pipe, c’est parce que je ne travaillais pas. Comprenez bien, ce type est un raté, il se refait une vie en vendant des pipes. Je peux confirmer à ce monsieur que je regrette de ne pas travailler plus souvent, en ce moment. Je peux le confirmer d’autant plus facilement que cela nous faciliterait bien les choses. Je ne sais pas comment ça se passe entre ce monsieur et son boucher, mais quand je vais acheter un steack, le boucher me demande des sous. Ce monsieur s’imagine sans doute que les pipiers vivent d’air pur et d’eau fraiche ? Eh bien non, le pipier n’est pas un mutant. Les pipes que nous proposons, nous les achetons. Une fois la pipe revendue, et enlevés les frais, nous gagnons un peu de sous. Un peu. Hors il se trouve que, pendant un bon moment, les sous supplémentaires serviront non pas à vivre, mais à acheter de nouvelles pipes. Car il nous faut éviter deux excès : trop de pipes en vente, et trop de pipes vendues. En ce moment, nous sommes dans le deuxième excès : sur douze pipes, neuf sont parties.

Il se trouve que si je gagnais correctement ma vie, je pourrais plus facilement racheter des pipes, et proposer d’autres pipiers. Mais bon, c’est comme ça, il va falloir y aller plus doucement que je ne le voudrais. Pour l’instant, ces ventes ne nous rapportent rien. Ce site n’est pas une bouée de sauvetage. Et je serais plus à l’aise financièrement si je n’avais pas investi, avec Gilles, une certaine somme au départ.

Non, le souci pour moi est tout autre. Je ne suis pas vendeur, au départ. Je suis fumeur. Un fumeur qui reçoit des pipes, qui l’épatent. Elles sont superbes. Ces pipes, je vais devoir les regarder sous tous les angles, pour en proposer des images qui les reflètent le mieux possible. Et ça, croyez-moi, c’est dur. J’ai donc pris en photos des pipes que nous savions, par notre expérience ou par expérience d’autres, belles, bien faites, soignées. Pas le genre de pipes dont même un responsable de blog se voit obligé d’admettre qu’effectivement, il y a des défauts …

Je dois donc les traiter avec amour. Je dois les caresser : je prends les photos dans un atelier, on a beau faire, la belle pose, celle où l’on voit bien le tuyau, où il ressort particulièrement nettement, eh bien je me rends toujours compte –après- que c’est fou ce qu’un tuyau peut attirer la poussière. Et une fois les images prises, je vais devoir les mesurer. C’est-à-dire les manipuler dans tous les sens. Puis vient le travail sur ordinateur. A chaque fois, je prends la pipe et la tient devant l’écran, voulant être certain que la photo ressemble le plus possible à la pipe. Une fois tout ceci fait, je m’empresse de ranger la pipe dans sa pochette, et la pochette dans mon armoire. Oui, c’est un dur métier …

Mais enfin voilà, pour rassurer ceux qui feignent de s’inquiéter de la qualité de notre site, nous sommes heureux et fiers de proposer des pipes de nouveaux venus comme Dirk Claessen et Paul Hubartt, et de pipiers confirmés comme Jürgen Moritz, Hermann Hennen, et Pierre Morel. Et d’autres arrivent. Maintenant, comme le rappelle un grand penseur, ce qui compte, c’est la qualité du service. Eh bien, mettez-nous à l’épreuve.

Bon, mes billets sur ce blog sont plus rares, mais plus long. Et pour ceux qui en auraient soupé de ma prose, le meilleur pour la fin, le mot de Gilles :

Monsieur l'anonyme

Je crois qu'il est temps de dissiper un malentendu... La Compagnie des Pipes n'est pas une œuvre philanthropique !!

Pour une simple et bonne raison, c'est que si elle veut parvenir à durer dans le temps, elle a besoin d'être au moins rentable. Donc, les recettes doivent couvrir les dépenses, voire un peu plus pour espérer augmenter et diversifier l'offre.

Il existe donc bel et bien une petite part de bénéfices qui, pour l'instant, est totalement réinvestie. Lorsque la CdP aura atteint un rythme de croisière, si elle y parvient car rien n'est acquis, il y aura peut-être un petit revenu complémentaire à espérer. Ce n'est absolument pas garanti et si cela doit se faire, où est le problème ?

L'idée est née lors du show de Rheinbach, les 8 et 9 août 2009. Dès le retour, le concept a été étudié et les premiers contacts pris. Ouverture 1er février 2010, après 6 mois de boulot. Oui, j'ai bien dit de boulot !!

Que pensiez-vous ? Que nous avons pu nous offrir les services d'une boîte informatique pour concevoir le site et le mettre en ligne ? Que dès le premier essai, la présentation et l'ergonomie était satisfaisante ?

Que croyiez-vous encore ? Que les pipiers nous ont donné un blanc-seing, sans explications et sans négociations ? Certains l'ont fait, oui, et je ne peux que les remercier pour ce témoignage de confiance et d'amitié. Mais il a bien fallu élaborer un concept, l'expliquer et convaincre des pipiers, qui n'ont pas précisément besoin de nous, de se joindre à une aventure incertaine.

Un site francophone, ouais intéressant mais faut voir... Pour ceux qui se font encore des illusions, après des mois de contacts et d'explications fournies, j'ai aujourd'hui une idée très précise de l'image de la France auprès de nos voisins ou de l'autre côté de l'Atlantique, du moins en ce qui concerne la crédibilité sur le marché de la pipe. Peanuts !! Suffit pas de vouloir lancer un site pour trouver des partenaires... faut vraiment s'investir pour expliquer, encore et encore, et pour convaincre.

Je ne m'étalerai pas sur le dossier administratif, sur les tracasseries douanières...

Enfin, vous pensiez que tout ça c'est fait gratuitement, sans mettre la main à la poche ?

La marchandise et les fournitures seraient donc gratuites, les frais et les charges inexistants ?

Dans le meilleur des cas, je dis bien dans le meilleur des cas, la CdP rapportera peut-être dans l'avenir un petit revenu complémentaire, sans aucune commune mesure avec le travail consenti.

Nous savions que ce ne serait pas facile et nous n'avons pas été déçus !! Et le plus difficile ne fait que commencer car maintenant il faut être à la hauteur des espérances... Tout ça pour dire que si vous voulez éprouver votre passion, tester votre engagement et votre volonté, faîtes le... Monsieur l'anonyme.

Pour finir, concernant l'indépendance de FumeursdePipe, quelque chose a-t’ il changé depuis le lancement de la Compagnie des Pipes ? N'y parle-t ‘on plus des autres sites, commerciaux ou non ? N'y parle-t' on plus des pipiers, qu'ils soient présents ou non à la CdP ? Les mises à jour, quelles qu'elles soient, ne sont-elles plus annoncées ?

Par ailleurs, lorsque Nick Miller, un des piliers d’IPC, à lancé Quality Briar, personne n'a crié au scandale... A justes raisons. Mais c'est vrai, il ne s'agissait pas d'une vaine et inintéressante rivalité franco-française.

La Compagnie des Pipes n'est pas une œuvre philanthropique, c'est un luxe qu'elle ne peut s'offrir, mais peut-être une entreprise où les mots respect, confiance et amitié ont un sens...

Gilles

19 février 2010

Un calendrier de GL Pease


Admettons-le, nous sommes tous des voyeurs. Nous ne pouvons nous empêcher d'aller voir les pipes de tel ou tel pipier, même si nous savons pertinemment que nous avons le fisc, sa banque, ses créditeurs, aux trousses.

Nous savons très bien que nous ne pourrons nous offrir ces belles pipes que nous allons admirer. Nous savons que nous allons nous faire du mal. Que nous aurons des regrets. Que nous allons soupirer. Et que même pour des belles à des prix abordables, nous allons rêver de gagner au loto, pour ne plus avoir à nous faire du mal, pour ne plus avoir de regrets.

Certains d'entre nous ne manquent pas une mise à jour, ou d'aller voir les dernières réalisations d'un pipier. Nous sommes soumis à la tentation très régulièrement.

J'en parlerai plus tard, mais comme je viens d'ouvrir un site de vente de pipe, je me suis trouvé devant le fait accompli :
-Prendre des photos de pipes correctement n'est pas si facile que ça
-Outre le photo de les voir en photo, je peux directement les manipuler, les tenir en main, les caresser, les admirer, pour enfin les cacher dans mon armoire. Tentation fois deux.

Il y a plusieurs sortes de photos de pipes :

la photo qu'on prend rapidement, avec son téléphone, pour se dépêcher d'envoyer une image à son forum préféré, et épater les copains. Le type de la photo généreuse, mais généralement ratée.

la photo de vente : elle doit respecter les teintes de la pipe en question, ne pas donner une fausse idée de sa taille, être presque descriptive. Thierry Melan me disait qu'il faut respecter "l'esprit de la pipe", ce qui est une très bonne façon de résumer la chose : quand vous ouvrez le colis, vous ne voulez pas être déçu, mais conforté dans votre choix.

la photo artistique, qui est un mélange du savoir-faire du pipier et de celui du photographe. Devant une photo artistique de pipe, vous devez admirer autant le travail du pipier que celui du photographe. Même si celui-ci ne cherche qu'à mettre en valeur le travail de l'artisan, c'est bien sur son esprit qui transparait.

L'amateur de belles choses va donc, petit à petit, et sans qu'il s'en rendre toujours compte, conserver sur son ordinateur les photos qui lui plaisent. Un magnifique golden contrast de Tom Eltang ? Je garde. Cette forme épurée de Will Purdy ? Je garde. Cette teinte orange-rosée qui ne peut appartenir qu'à une Pierre Morel ? Je garde. Etc. ...

Sur le forum Fumeurs de Pipe, il y a eu des concours de photos, qui ont donné deux économiseurs d'écran. C'est que l'amateur de belles pipes qui a un appareil photo sous la main ne peut s'empêcher de prendre en photo ses belles. Cela peut être agrémenté d'une mise en scène recherchée, jusqu'à la photo bucolique, sans parler de tous ses fumeurs de pipe qui prêtent une de leurs belles à leurs enfants, pour les prendre en photo.

C'est que si on n'a pas la chance de les avoir sous la main, on aime les voir. Et comme tout le monde n'a pas la chance de prendre d'aussi belles photos que Trever Talbert ou David Enrique, on finit par garder les images des autres, plutôt que les siennes, dont on n'est jamais satisfait.

Depuis plusieurs années, GL Pease propose un calendrier dont il réalise les prises de vues. J'en ai déjà parlé ici. Erwin van Hove m'avait décrit Pease comme un homme de la Renaissance, il y a je crois une expression américaine, "renaissance man", couramment employée dans le cas de personnes ayant une culture faites non seulement d'après leurs lectures, mais aussi d'après leurs expériences. L'expression a depuis longtemps été oubliée en France, où le mot Renaissance équivaut pour nos chères têtes blondes à une marque de dentifrice ou au dernier mot compliqué employé par un rappeur.

GL Pease prend donc des photos de pipes. Ces photos sont splendides. Et voilà donc 4 ans que je reçois ce calendrier. Quatre ans que chaque mois je me fais un plaisir de tourner une page, encore. Ce calendrier est en bonne place au-dessus de mon bureau.

Seul petit reproche : il y était indiqué avant les dates des Grands Prix de Formule 1, ce qui m'arrangeait bien, mais elles n'apparaissent plus.

Et voilà que Pease note que ces calendriers lui demandent beaucoup de travail, mais que vu le temps qu'il leur consacre, il n'est pas sur de renouveler la chose. Pas assez de commandes. Ce qui ne lasse pas de m'étonner. Bien sur, on n'a pas toujours le temps de passer une commande sur le net, où l'on va vous demander vos coordonnées, votre numéro de CB, l'âge du capitaine, etc. ... Ca semble faire beaucoup.

En gros, aujourd'hui, ce calendrier, avec toutes ces superbes images, ne coûte que 25 euros. Sans compter les frais d'envoi. Vous me direz que vous avez déjà un calendrier. Que depuis que nous avons tous un ordinateur, un téléphone portable, il est beaucoup plus simple de ne pas oublier un rendez-vous. Que ça prend de la place sur le mur. Que vous avez déjà le calendrier des pompiers, et celui de la Poste, avec les petits chats. Oui, mais tout ça, ça ne sont pas vos calendriers. Ce sont les calendriers de tout le monde. Ils sont utiles, même utilitaires. Mais une fois que vous vous êtes ému devant le petit chat qui miaule, que vous avez admiré les casques rutilants de nos pompiers parisiens, style Dark Vador, bon ...

Dites-moi, est-ce qu'à la fin de chaque mois, vous changez de page, pour découvrir, le cœur battant un peu, la photo qui va vous accompagner durant la trentaine de jours qui vient ?

Est-ce que vous conservez ces calendriers ? Non, bien sur. Moi, les quatre calendriers de Pease sont accrochés au même clou - un bon vieux modèle de clou, solide, qui a fait ces preuves, et qui durera plus que le mur dans lequel il est planté, d'ailleurs.

Alors bien sur, si Pease ne renouvelle pas l'expérience, je pourrai toujours ressortir celui qui est en-dessous de la pile. J'ai 48 mois de belles images devant moi. Pour les choses sérieuses, j'ai mon ordinateur, mon portable, choses fort utiles, mais beaucoup moins belles à voir.

Allez-y voir, ici : http://www.glpease.com/Calendar/

Autre chose : un jeune pipier anglais, Chris Askwith, s'est récemment inscrit sur le Forum des Fumeurs de Pipe. C'est un pipier dont je relaie le plus régulièrement possible le travail, car il me semble qu'il progresse, progresse... Et voilà ce qu'il écrit : And to Guillaume a huge thank you for your support of pipe makers! Ce que je pourrais traduire je crois sans me tromper par : Et un grand merci à Guillaume pour le soutien qu'il apporte aux pipiers !

Ca n'est pas la première fois que l'on me fait des réflexions comme celle-la. Je voulais simplement dire que, ces temps-ci, beaucoup s'étant donné le plaisir de me cracher dessus, naviguant avec aisance dans des fosses du même nom, dans un milieu qui semble leur convenir tout à fait, entre boue et injures, j'essaierai de me souvenir plutôt de ces mots gentils de Chris.


04 février 2010

Un cadeau de Rainer Barbi


Voici une pipe de Rainer Barbi. Et pour une fois, je vais donner du grain à moudre aux quelques abrutis qui sous-entendent que si je suis tout plein de dévotion pour les pipiers, c'est pour faire en sorte qu'il m'offrent des pipes.

Eh bien, je vais leur faire ce plaisir, voici une pipe que je n'ai pas achetée.

C'est Rainer Barbi qui me l'a offerte.

Lors de l'ouverture du site, Rainer Barbi était bien sur dans la liste des pipiers, mais il faut bien le dire, le texte était bref.

A l'époque, je n'avais pas encore de questionnaire prêt. Et je n'osais pas déranger Rainer Barbi pour ça.

Mais voilà que Gilles a posé quelques questions aux pipiers, et que Rainer s'était prêté très gentiment au jeu.

J'avais donc osé lui écrire, pour lui dire que je regrettais que sa page soit si concise, et que s'il voulait bien apporter quelques précisions, etc. ...

Le personnage est non seulement très gentil et abordable, mais il est en plus généreux. Ce ne sont pas quelques réponses que j'ai eu, mais beaucoup de réponses. Et beaucoup de photos, que Rainer a réservées pour le site FdP, et qui ont servi à faire une galerie où il ne manque aucune étape de son travail. Et en prime une petite vidéo. Rien que ça !

Vous pouvez d'ailleurs aller y jeter un œil, vous ne regretterez pas le détour :

http://www.fumeursdepipe.net/galbarbi.htm


Quelques temps après, Rainer m'écrit pour me dire qu'il est vraiment content du résultat, et me demande quelle sorte de pipe j'aime. Il se propose de m'en faire une, mais comme il connait bien les fumeurs de pipe, préfère savoir avant quelle forme je désirerais.

On est partagé dans ces moments-là, parce qu'on balance entre dire "oh, c'est bien gentil, mais c'est beaucoup, ne vous dérangez pas pour ça" et "purée, c'est celle-là que je veux !".

Je n'ai pas de forme préférée, et je ne voulais pas partir sur une demande qui lui donne trop de travail.

Je me suis donc rendu sur son site, qui n'a pas bougé depuis longtemps, et là, c'était encore pire, je ne savais vraiment laquelle était ma préférée. J'ai donc fini par répondre à Rainer que je m'étais décidé pour une volcano, car c'est la première forme que l'on voit sur son site.

Rainer me dit qu'il va se mettre au travail, mais qu'il lui faut un peu de temps, parce qu'il a déjà beaucoup de pain sur la planche.

Il en profite pour me dire que quand il aura le temps, il écrira un article pour le site - mais je pense que Rainer n'aura jamais assez de temps pour tout faire.

Quelques temps passent, Rainer m'écrit pour me dire que la pipe sera bientôt prête, mais qu'il est assez fatigué. Il vient en plus de perdre son chat. Ceux qui ont un chat comprendront.

Rainer me demande si nous viendrons à Rheinbach, que l'on pourra s'y voir. Nous nous y sommes retrouvés, effectivement, Gilles a raconté cette journée :

http://www.fumeursdepipe.net/artrheinbach09.htm

Rainer se remettait à peine, nous parlons un peu, il me rappelle pour me dire qu'il ne m'a pas oublié, et que bientôt ...

Et effectivement, quelques temps plus tard, voilà que cette belle faisait son entrée dans ma vie !

Je ne vais pas vous faire un laïus sur une Barbi, tout de même ! Je peux juste dire que cette pipe, à laquelle la photo ne rend pas justice, a beaucoup, beaucoup de mal à me quitter. Moi qui essaie de laisser reposer mes pipes un minimum, là j'ai beaucoup de mal. En plus, elle arrivait dans une période où je devais me débarrasser des mes pipes préférées.

Mais celle-ci, ma seconde Barbi, j'ai une très bonne raison pour ne pas m'en séparer : c'est un cadeau de Rainer.

De vilains esprits penseront que je paie ma dette avec ce billet. Il n'en est rien. Rainer n'a vraiment pas besoin de moi. Je gardais cette pipe sous le pied, si j'ose dire, pour ce blog, ne faisant aucun achat ces temps-ci.

Et comme on m'a récemment reproché d'en faire trop quant aux pipiers étrangers, et pas assez pour les pipiers Français, je me suis mis en tête, pour répondre à l'un d'entre eux, d'aller voir ce qui, sur le site, les concerne.

Voici les pipiers Français présentés sur le site :

http://www.fumeursdepipe.net/pipierspays.htm#fr

Voici les autres pages sur les pipiers Français, sur le site :

http://www.fumeursdepipe.net/alalbuisson.htm

http://www.fumeursdepipe.net/artbargiel.htm

http://www.fumeursdepipe.net/artenrique.htm

http://www.fumeursdepipe.net/artgeorges.htm

http://www.fumeursdepipe.net/artmasson.htm

http://www.fumeursdepipe.net/artmorel.htm

http://www.fumeursdepipe.net/artprungnaud.htm


et bien sur, ces pages, réservée à Saint-Claude :

http://www.fumeursdepipe.net/saintclaude.htm

Vous noterez que ces dernières sont bien vides - mais je n'y suis pour rien. Si des établissements veulent se passer du canal du site en langue Française le plus visité, je n'y suis pour rien. C'est d'ailleurs à dessein que je laisse la date de mise en ligne, novembre 07.

Je reparle de cela parce que ce pipier, pas content que je signale la mise à jour d'un site Danois, me reprochait de ne pas en faire assez pour les pipiers Français.

Comme je fais partie de ceux qui poussent, ou ont poussé des pipiers Fançais à ouvrir un site, ou un blog, comme je me fais l'écho de la moindre mise à jour de ceux qui utilisent déjà ces instruments, je lui posais la question de savoir comment je pouvais en faire plus. Je lui disais que pour parler plus, pour signaler plus, il faut du "matériel". Articles, photos, quoi que ce soit, mais quelque chose à mettre en avant.

Sa réponse a été simple, et d'ailleurs ça n'en était pas une : il fallait déjà que je songe à moins parler des vilains pipiers Danois. Et des méchants sites de vente Danois. Le monsieur a une dent contre les Danois.

Les Danois s'en fichent.

Moi, mon souci, c'est que les gens aiment bien voir le travail des pipiers Danois. Je ne dis pas qu'ils peuvent se les offrir, je dis qu'ils aiment bien au moins les regarder.

Donc, il faudrait que je les punisse, pour faire plaisir au monsieur. Désolé, les gars, Lulu a décidé que ça suffisait comme ça.

Il faut dire que le monsieur a demandé à quitter mon groupe, parce qu'un mauvais esprit avait osé dire que son site n'était pas le meilleur spécimen de vente qui soit. Il n'avait pas tort, sauf que, comme je l'avais précisé, il ne s'agit pas d'un site de vente proprement dit, mais plutôt d'une vitrine. Belle vitrine d'ailleurs.

Simplement, le mauvais esprit regrettait de ne pas voir mieux les pipes, et les tuyaux, par exemple. Or, si les images sont fort belles, elles sont effectivement si artistiques qu'on ne voit pas toujours tout. Il se trouve que dernièrement, j'ai pu voir de près, tenir en main, des pipes du monsieur. Comme elles ne trouvaient pas preneur, (encore un coup des Danois ? ils sont partout !) le gérant du magasin les a rangées dans une boite, en attendant, me disait-il, de pouvoir refaire les tuyaux. Effectivement, si la bruyère est belle, le travail du tuyau est complètement bâclé. De quoi refroidir les ardeurs, et expliquer pourquoi les photos artistiques ne s'attardent pas là-dessus.

Je viens de voir d'ailleurs que le monsieur, qui passe d'un forum à l'autre, en profite - encore un - pour régler ses comptes avec, écrit-il, "un grand artisan pipier Francais". Sans bien sur préciser son nom, courageux mais pas téméraire. Donc, si on ne parle pas assez des pipiers Français, et notamment corses, on est des gros nuls.

Si on est pipier corse, on peut attaquer et médire d'un pipier sanclaudien, là, c'est autorisé.

J'attends avec un certain amusement les réactions outrées des grands défenseurs de la pipe Française ...

Le monsieur se permet d'ajouter : "Quand au pipier en question,il ne peut même pas rêver de posseder les ebauchons flammés qui sont entre mes mains."

Je peux rassurer le monsieur : le grand artisan en question n'a pas besoin de lui. Et je pense qu'il ne faut pas mettre tout sur le dos de la bruyère. On peut me donner la plus belle bruyère qui soit, ce sera tout de même du gâchis si j'essaie d'en faire une pipe.

Mais venant de quelqu'un qui me reprochait d'en faire trop sur les pipiers étrangers, pas assez sur les pipiers français, et qui trouve insupportable que l'on émette la moindre critique au sujet de son site, c'est assez curieux.

Il faut dire que "le pipier en question" aurait dit qu'une série "saurienne" du monsieur aurait été faite avec du bois pourri. Je ne sais si le propos est vrai, mais le monsieur en fait état. Pourtant, il avait écrit : "j'imagine que cette serie ne plait pas à tout le monde.Ce serait trop beau,voir ennuyeux à la limite."

Mais le monsieur n'en est pas à une contradiction près : alors que sur le forum où il vient de débarquer, il assure qu'il ne veut pas parler d'argent, "Pour toutes les indications confidentielles,prix,photos,actualisation de ma fabrications,nouveautés,etc...,vous êtes priés de me contacter personnellement afin d'eviter toute polemique inutile."

Un prix serait donc une information confidentielle ??

Pourtant, par deux fois, du temps où il nous faisait l'honneur de s'abaisser, pardon, de participer à notre groupe, il a cru bon de préciser le prix des pipes de cette série. Je ne vous le redonnerai pas, il paraît que c'est confidentiel.

Je pense que c'est une erreur d'ailleurs, de considérer que prix, photos, nouveautés, doivent rester confidentiels. Ou alors pour une production ... confidentielle ?

Il faut croire que le monsieur est immanent : lui seul a le droit de casser du sucre sur le dos des autres. Mais attention à ce qu'on lui dit ! Le monsieur est corse, il est prompt à vous traiter de mamelouk, et gaffe à la nuit bleue ! Mais je pense que ses nouveaux petits camarades lui demanderont de cesser ses attaques personnelles, eux qui n'aiment pas les querelles de chapelles - qui leur rappellent sans doute de mauvais souvenirs.

Pour l'instant, un pipier-magasin qui crée des pipes tout en ne les créant pas, en le disant tout en ne le disant pas, s'est vu gratifier du titre de "grand specialiste de la pipe".

Il faut dire que le pipier-magasin revend les pipes du monsieur, ceci expliquant peut-être cela ?

Le monsieur va même jusqu'à parler de Fumeurs de Pipe en l'écrivant "F...". Je ne cite pas tout en citant, gros clin d'œil.

Et il ajoute "... à la suite de la radiation que j'ai demandé sur un autre site,dont il n'est pas necessaire d'epiloguer sur son coté nefaste.Parlons de nous,cela vaudra mieux que de s'occuper des becasses d'en face."

(le monsieur, grand défenseur de tout ce qui est Français, oublie pourtant nos si typiques accents)

Je suis surpris, parce que monsieur Jesaistout s'est inscrit il y a quelques mois sur mon forum. Il s'est même inscrit deux fois, pour tout dire. Il a donc eu tout le temps de s'apercevoir du côté néfaste de l'entreprise.

Néfaste ? Mais le monsieur avait tout loisir de refuser tout affichage sur le site. Tout loisir de s'en aller sans rien dire. Je n'ai pas forcé Lulu à venir tout de même. Mais à l'époque, il était tout miel.

Il écrivait même "... que FDP (me) connait dejà et que je remercie pour sa competence".

Crotte ! On est passé de compétents à bécasses ! Quelle déchéance !

Effectivement il a du être surpris. Un accueil gentil et cordial, oui, mais pas non plus de courbettes. Les gens sont habitués sur ce forum à dire ce qu'ils pensent, quoiqu'en disent certains. Et c'est là que le bât blesse, il faut croire. On a jamais attaqué le monsieur sur son travail. On a parlé de son site. Crime de lèse-majesté.

Pour qu'on ne s'y trompe pas, le monsieur se sert lui-même - et on est jamais mieux servi que par soi-même :

Je suis particulierement interessé par un contact direct avec tous les amateurs de très belles bruyeres et de pipes exceptionnelles

Il y a là une serie superbe que j'ai sorti en 1995/96


Rien ne presse,ne vous faites pas de soucis pour les flammées exceptionnelles.


vous trouverez toujours des pipes de qualité exceptionnelle chez moi


Tout cela est plus triste qu'autre chose.

Il m'est impossible de ne pas faire le parallèle entre les deux personnages dont je parle ici, entre Rainer et Lulu. Mais l'on me permettra, même si le premier n'est pas français, de préférer sa gentillesse, sa disponibilité, et son talent. Jamais, au cours de nos échanges, il n'a cru bon de casser du sucre, et d'être injurieux envers d'autres pipiers, ou des revendeurs qui ne vendent pas ses pipes. Jamais il ne m'a dit que ses pipes sont merveilleuses, plus belles que les autres, etc. ... Il y a des actes qui valent mieux que de longues logorrhées verbales.

Pour ceux qui penseraient que cela vient du fait que le premier m'a offert une pipe, je dois préciser que le second en a fait autant. Je ne sais si le colis est parti - s'il l'est il doit se mordre les doigts, mais qu'il se rassure : il y aura un retour à l'envoyeur sans ouverture.