27 novembre 2008

La Boutique Cadeaux de Trever et Emily Talbert


Fumer n'est plus seulement interdit, c'est en plus mal vu. Nombre de mes camarades fumeurs de pipe, au bureau, sont obligés de tenir cachée l'arme du crime, leur pipe. Certains les laissent dans leur tiroir, celui qui ferme à clef. Comme ils ne goûtent pas le fait de sortir vite fait dans la rue, histoire de tirer quelques bouffées, ils préfèrent s'abstenir. Néanmoins, le contact et la présence de leur chères pipes leur manquent.

Le bureau du fumeur de pipe doit absolument ressembler à celui d'un non-fumeur. Une vision aseptisée qui plaît aux chefs, aux sous-chefs, aux responsables de la com et de l'image. Plus de vieille bruyère patinée par les ans. Surtout pas de pipe extravagantes. Les maïs font paysan.

Il n'y a donc plus moyen pour un fumeur de pipe de se souvenir, et de rappeler discrêtement que le fumeur n'est pas seulement celui que l'on croise sur le trottoir, sous la pluie.

Eh bien, Trever et Emily Talbert ont trouvé une solution.

Le travailleur a besoin d'un calendrier : il peut maintenant afficher un calendrier s'ornant de photo des Goblins de Trever.
Le travailleur est autorisé à boire du café, il n'en sera que plus vif au travail : Trever propose des mugs ornés de ses pipes.
Le travailleur, s'il a un bureau personnel, ne pourra malgré tout pas se voir refuser d'avoir une horloge murale : une belle horloge murale, avec le logo des pipes Talbert, existe.
Le travailleur a besoin d'un tapis de souris : le mousepad Goblin est là.

Et je ne parle pas du nounours en peluche, de la toque du chef de cuisine, des magnets, des cartes postales, de la chope de bière, toutes choses plus difficiles à arborer sur son lieu de travail, à moins d'être cuisinier dans une taverne alsacienne.

Je vous vois déjà, les larmes aux yeux vous empêchant de lire ce billet, qui ne sera pas long cette fois-ci, posant à voix haute cette question : Mais où ? Où ? C'est où ? Ouuuuuuù ?

Voyons, reprenez-vous, vous allez vous faire repérer !

Trever et Emily ont ouvert leur boutique sur le site Cafepress, il suffit de cliquer sur le titre de ce fil, vous allez pouvoir vous faire plaisir à peu de frais.

Même devant vos chefs, vos collègues, votre femme, vous pourrez marcher la tête haute !

20 novembre 2008

Une écume de Fikri Baki, et plus de 1 000 membres


L'écume rend-elle fou ?

J'aurais pu titrer ce billet : ma première écume, tant il est clair qu'elle n'a rien à voir avec celles que j'ai pu fumer avant. Mais c'est une vraie découverte. Voilà longtemps qu' Erwin Van Hove nous parle des écume de Fikri Baki. Et lors du choix du pipier du Groupe, cette année, David Enrique n'étant pas disponible, il a proposé une écume. L'idée semble-t-il a plu, puisque c'est 65 pipes qui ont été commandées.

Je dois dire que j'ai été surpris du côté "solide" de cette pipe. Pas de vis à tourner, un perçage large, une écume qui se fume ! Jusqu'alors, je dois avouer que ces histoires d'écume m'ennuyaient, malheureux que j'étais ! Je regrette de n'avoir pu choisir, non pas une pipe, mais deux ou trois. Mais ça n'est que partie remise.

La pipe du groupe Fumeurs de Pipe arrive chez ses heureux propriétaires à un rythme soutenu. Et voilà qu'il est curieux d'observer les réactions des nouveaux possesseurs d'une pipe en écume. Nous avons tous en tête de très belles images de pipes en écume, merveilleusement colorées. Et voilà qu'arrive une pipe immaculée. On prend de bonnes résolutions, comme pour le Nouvel An : cette année, j'arrêterai de parler à ma chatte en disant "t'as faim la grosse ?"...On se dit qu'on va prendre soin de cette pipe. La traiter avec douceur. On se repenche sur tous les trucs données ici et là. On prendra garde à ne pas toucher l'écume, seulement le tuyau. On mettra des gants. On y fumera du latakia, pour qu'elle se colore plus vite. On se lavera les mains. On se mouchera. Certains y vont même de leur truc maison : on enferme la pipe dans un récipient quelconque, et on souffle dessus de la fumée. On se promet de la fumer tous les jours. Attention aux soixante premières fois. Attention aux cinquante premières fois. Attention aux trente premières fois.

On finit avec tout ça par perdre de vue qu'une pipe est faite pour être fumée. Que ça doit être un bon moment de passé. On se met plein de bâtons dans les roues. Le plus important n'est-il pas de se satisfaire de sa pipe, et d'en profiter ?

A ce sujet, je ne peux m'empêcher de noter avec amusement que, sur un blog qui se voulait personnel, mais qui se veut maintenant corporatif - après qu' Erwin Van Hove ait appelé les membres de Fumeurs de Pipe à prendre la plume - on peut lire, sur deux lignes, "l'artisan Pierre Morel", et "le turc Fikri Baki". Pauvre Fikri Baki ! Il aurait pu être artisan, mais pas de chance pour lui, il est turc, n'est-ce pas. Ca n'est donc pas un artisan. Il faut dire qu'il n'a pas forcément droit au même traitement que ceux qui revendent des écumes à 500 euros. Ses prix sont honnêtes. Allez, Fikri, un petit effort, tu n'es pas assez cher pour être pris au sérieux par certains.

Il serait tout de même curieux que je n'aborde pas le sujet, d'autant que d'autres ne s'en priveraient pas. Le groupe de discussion Fumeurs de Pipe vient de dépasser les 1 000 membres. On m'a écrit plein de choses très gentilles à ce sujet. Même si ça n'est qu'un chiffre, ça fait tout de même plaisir. Bon, maintenant il faut passer à la suite. David Enrique a écrit fort justement : "ce n'est pas la quantité de membres qui compte mais la qualité des interventions et le fait d'avoir toujours un noyau actif qui ne se lasse pas. Donc bravo à Guillaume et bravo à toutes les personnes qui font fonctionner ce groupe."

Je n'aurais pas dit mieux. Certains ont dit que j'avais changé leur vie pipière, je n'y suis finalement pas pour grand chose. Ce sont ceux qui expriment bien mieux que moi des opinions, qui mettent en avant tel ou tel pipier, ceux qui répondent aux questions, ceux qui en posent, ceux qui ne sont pas d'accord et qui savent dire calmement, de façon circonstanciée pourquoi, ce sont ceux là qui font qu'après avoir eu envie de nous rejoindre, on peut avoir envie de rester.

Je disais qu'il faut passer à autre chose, en fait il faut maintenant continuer. Les faits ont voulu que je manque de temps cette année pour concrétiser tout ce que je voulais faire. Des rubriques du site à refaire, certaines à mettre en veilleuse, faute de temps je ne peux tout faire. Certaines aides promises m'ont fait défaut, et je ne peux non plus en demander plus à certains ! Mais enfin certains projets verront je l'espère le jour.

Je dois dire que j'ai pensé parfois que cela ne durerait pas autant que cela, six ans cette année ! Mais finalement, il y aura toujours des fumeurs de pipe débutants, ils se poseront toujours les mêmes questions, et attendront toujours autant de conseils.

Tout compte fait, cette longévité me laisse penser que je n'ai pas fait autant d'erreurs qu'on a bien voulu me le dire parfois. M'expliquer comment il faut faire est devenu un sport. Que de conseils ! Je note avec amusement que mes idées, ou celles de membres du Groupe, sont reprises avec entrain pourtant - et sans vergogne aucune.

Cela va même assez loin parfois : sur une encyclopédie en ligne, je trouve des articles sur la pipe et les tabacs. J'y lis un résumé des informations que l'on peut trouver depuis longtemps sur le site - normal, on a rien inventé, mais la contrefaçon est assez flagrante. Ca n'est pas la première, ni la dernière. Mais, curieusement, au chapitre des liens, je vois seulement un blog et un forum. Un seul forum. Alors qu'il y en a maintenant quatre. Je comprendrais cela très bien sur un blog personnel. Mais quand on se veut encyclopédique, il faut donc être exhaustif. Outre les liens, le lecteur est invité plusieurs fois, dans le texte, à visiter le forum en question. On peut noter l'élégance du procédé.

A l'occasion de la dernière mise à jour du site, je me suis amusé à compter les liens disponibles : 570. Et tous les forums français y sont affichés. Certainement encore une preuve d'intolérance de ma part.

19 octobre 2008

Une pipe Goblin de Trever Talbert

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On a parfois de mauvaises surprises, et il faut se résoudre à vendre certaines de ses pipes. Je ne parle pas des pipes que l'on a de bonnes raisons de ne pas aimer, et que du coup l'on sait d'emblée qu'on n'osera pas les revendre un jour. Je parle de bonnes pipes, de fidèles compagnes, auxquelles sont rattachées de bons moments et de bons souvenirs. C'est donc toujours difficile. Déjà, il faut faire un choix. Ce choix est motivé par la somme que l'on a besoin d'obtenir, pour de mauvaises raisons forcément, et par le fait que si l'on a plusieurs pipes d'un même pipier, on essaie d'en garder quelques unes. Mais parfois, cette seule pipe, qui nous plaisait tant, il faut la vendre. Moche.

Tant qu'à faire, il faut dès lors essayer de les vendre à des personnes à qui elles feront plaisir, et dont on sait qu'elles les apprécieront. Cela peut se faire de visu, et là il est toujours plaisant de voir la personne hésiter, calculer, les yeux brillants. C'est une consolation.

Ou alors cela se fait à distance. On ne connaît pas toujours les acheteurs, ou alors par échange de mails interposés. Il en est même que finalement on a l'impression de bien connaître, puisqu'on les côtoie par écrit depuis quelques années parfois.

Dans ces deux cas, on est rassuré. Là où ça se gâte, c'est quand on vend à quelqu'un qu'on ne connait pas. Ce peut être un passionné, ou un amateur qui a craqué, pour la forme et la beauté de l'objet. Ca peut être quelqu'un qui n'en prendra pas soin. Quelqu'un qui la laissera dans un coin parce que finalement elle ne lui convient pas. Quelqu'un qui fumera n'importe quoi dedans. Ou quelqu'un qui en dira du mal.

Je dois donc vendre des pipes ces temps-ci, ce qui me fait mesurer à quel point on doit en profiter quand on les a, et comme il faut les soigner. Certains parlent à leurs plantes, et leur font écouter de la musique classique, je ne dis pas qu'il faut aller jusque là, mais bon...

Tout de même, il y a encore quelques jours, comme je suis quelqu'un d'optimiste, (c'était avant les mauvaises nouvelles), ou de faible, j'ai craqué pour deux pipes. Je ne peux pas résister à vous montrer la première. La voici. Etonnant, non ?

Là, je vous laisse un peu de temps... Tenez, allez vous servir un verre. Moi-même je vais faire une pause, je vous laisse, à tout de suite.










Vous êtes revenu ? Respirez. Et regardez la. Mais oui, c'est une Goblin ! Une pipe verte, comme les martiens. Et d'ailleurs quand je suis sorti avec dans la rue, les gens m'ont regardé comme si j'étais un martien. Pour être précis, je dois dire qu'ils regardaient SURTOUT la pipe. Cette pipe est LA solution pour sortir incognito. On ne vous voit plus. Les gens vous laissent passer. Les enfants se serrent contre leur mère. Un caniche nain a fait sous lui. Bref, j'étais tranquille.

Je suis bien sur que la première question qui vous est venue à l'esprit est : Ca se fume, ça ???!!

Et bien, oui, ça se fume très bien. D'ailleurs pourquoi voudriez-vous que Trever Talbert travaille des jours sur une pipe comme ça, si c'était pour qu'elle ne soit pas fumable ? Car outre ses talents de sculpteur lovecraftien, Trever est avant tout sculpteur. J'écris lovecraftien parce que Trever s'inspire des écrits d'un écrivain américain bien connu des amateurs, Lovecraft. Ctulhu, Dagon, le Necronomicon, tout cela dans une seule pipe. Pour l'instant, elle se défend très bien avec les virginie, mais je n'ai pas encore essayé les latakias, pour voir.

Malgré un léger sifflement, une fois le tabac tassé, elle se fume parfaitement. Et là où l'on reconnait le savoir-faire, cette pipe qui semble être faite pour être tenue en main, se fait parfaitement oublier en bouche. Bon, je pourrais encore longtemps en parler, mais il suffit de faire une recherche sur ce blog avec "Trever" ou "Talbert".

Alors je sais ce que vous allez dire : cette pipe est moche. Eh bien non, pas du tout. La question n'est d'ailleurs pas là. Cette pipe n'a rien à voir avec la question : est-ce beau ou non ? Elle est hors norme. C'est une Goblin. On ne lui demande pas de ressembler aux canons classiques. Elle n'est pas là pour ça. En tant que Goblin, elle est splendide. Qu'on ne s'y méprenne pas : je n'ai chez moi aucune figurine du type Donjons et Dragons, pas de statuette d'Alien non plus. Je ne suis pas un fanatique des films de vampires.

Il n'est pas question de bon ou de mauvais goût ici. Le mauvais goût, il y en a bien d'autres exemples. Et personne ne les note. Je vois souvent dans les forums, c'est assez connu d'ailleurs, une preuve de mauvais goût certaine : faire allusion à la seconde guerre mondiale, et aux crimes nazis, à propos de tout et de n'importe quoi. Ca c'est de mauvais goût. Ca porte d'ailleurs un nom, ça s'appelle le point Goodwin. Le point Goodwin est atteint lorsque, au cours d'une discussion, une personne, qui manque d'arguments, et ne peut plus répondre logiquement, sans reconnaître qu'elle s'est trompée tout simplement, taxe son interlocuteur de procédés, d'emploi de mots, qui rappellent "les heures les plus noires de notre histoire". A noter d'ailleurs que l'on peut remplacer "noires" par "sombres". Ca marche aussi bien.

Celui qui emploie ce genre de stratégie a deux buts : discriminer son adversaire, et se donner bonne conscience. Lui, que cela révolte, est du bon côté. D'ailleurs il le dit. Ca n'est pas ce qu'on lui demande, mais c'est tout ce qu'il a trouvé. Il se donne un satisfecit, alors qu'il pointe du doigt son adversaire en lui faisant un mauvais procès. C'est de mauvais goût.

C'est d'autant plus de mauvais goût que mêler à des discussions sur la pipe, les rosiers, la sardine, que sais-je encore, la mémoire de millions de personnes tuées dans des conditions atroces, c'est excessif, boursouflé, vulgaire.

Eux qui voudraient qu'on les respecte, user de tels procédés, c'est nauséabond. Je crois qu'il faut raison garder, ce n'est pas en écrivant, frémissant d'indignation (c'est très facile, l'indignation, finalement), "les heures les plus noires de notre histoire", qu'on a forcément raison. Ne mélangeons pas, ne confondons pas.

05 octobre 2008

Lettre ouverte à la femme qui aurait pu partager ma vie à propos d'une pipe de Trever Talbert et d'autres petites choses *


Ma Chérie, mon Amour, ma Vie,

comme tout couple amoureux comme aux premiers jours, nous avons parfois de petites discussions qui, sans dégénérer, perturbent tout de même notre équilibre. Tout cela à cause de mes pipes. Et je m'aperçois, en lisant certains propos de mes camarades, sur le forum (auquel d'ailleurs tu me reproches de consacrer trop de temps), que nous ne sommes pas une exception.

En effet, beaucoup font, en passant, quelques remarques, sur leur femme "qui tient les cordons de la bourse", qui "n'aime pas mon tabac, ou son odeur", qui "râle à cause de tous ces brins de tabac qui traînent dans les draps", de ces pipes "qui encombrent jusque dans la salle de bains". Je ne parle pas de ceux qui, avant de m'acheter une pipe, vont "en parler à leur femme", et qui un peu plus tard, me demandent s'il est possible de payer en plusieurs fois.

Ca n'est pas tout : quand, pris de remords, je me décide à ranger les quelques brins de tabac qui sont si joliment éparpillés sur la table basse, et que j'en profite pour nettoyer quelques pipes, tu protestes parce que je laisse traîner mes chenillettes, que tu ne me laisses pas le temps de jeter. Pire, quand je m'escrime à enlever le culottage en trop, et que forcément une fine poussière noire atterrit doucement sur le tapis, tu marmonnes que c'est encore toi qui va devoir passer l'aspirateur. Tu m'avais même défendu d'acheter un porte-pipe aérien d'Adam Davidson, alors que je prétendais que c'était pour ranger deux pipes. Et, quand je dois aller récupérer quelques unes des pipes achetées d'occasion, que l'on propose aux membres débutants du forum, je suis obligé d'aller à la cave...

Et ça ne serait rien, si tu ne ratais pas une occasion de parler "d'odeur de pneu brûlé" quand je déguste un latakia. Et pourquoi t'obstines-tu à dire que mes pipes sablées ou guillochées te font penser à des abats ? A ce sujet, je reconnais que quand tu as dit que l'une d'entre elle ressemblait à de la cervelle, je n'aurais pas du te répondre : ne parle pas de ce que tu ne connais pas.

Alors oui, Petite Colombe, tu partages ta vie avec un fumeur de pipe. Mais reconnais que tu étais prévenue. Souviens-toi de ta honte lorsque, apportant une de mes vestes au pressing, sous prétexte qu'elle devenait informe (!), la bonne blanchisseuse a sorti trois pipes pleines de cendres de mes poches. Souviens-toi de ma joie à ton retour, il y en avait justement une que je cherchais pour la bourrer (en me relisant, je m'aperçois que cette phrase peut prêter à malentendu, honni soit qui mal y pense).

Je reconnais, ma Joujoune en sucre, que tu as tout de même essayé de t'y mettre - mais le cœur n'y était pas, je sentais bien que ce n'était là qu'une façon de te rapprocher de moi.

Mais toi, pose-toi la question : cherche-je (ça n'est pas français, mais dites-le à haute voix dix fois de suite sans respirer, c'est un bon exercice de diction), est-ce que je cherche à te dégoûter de tes cigarettes roulées ? Te rends-tu compte que si nous allons devoir changer la housse du canapé, il en va plus de ta faute que de la mienne ? M'as-tu vu seulement soupirer quand ce fichu petit filtre, que tu mets pour te donner bonne conscience, se décroche et tombe par terre, que tu t'obstines à le ramasser, et à le remettre dans le droit chemin, si j'ose dire, en te servant pour cela de la pointe de mon bourre-pipe tchèque ?

Tu reconnais toi-même que le chat, notre chat, préfère ronronner sur mes genoux, plutôt que sur les tiens, quand tu fumes ton clope.

Je voulais te parler de tout cela de vive voix, mais il est plus facile de t'écrire. Je note d'ailleurs que quand cette pipe de Trever est arrivée, tu n'as pas émis les sarcasmes habituels. Celle-ci a eu ton accord, elle est, d'après toi, beaucoup plus jolie que les autres. Tu m'as même écouté quand je t'ai parlé de cette sensation de confort que je ressentais, malgré ce bec plus épais que sur mes autres pipes, et pourtant si agréable en bouche. Tu as d'ailleurs été ravie que je préfère y fumer du virginie, ou du virginie/perique. Tu as même pris le temps d'admirer le sablage, et tu t'es étonnée de la différence qu'il y a entre les surfaces droite et gauche du fourneau. Tu as été surprise de sa légèreté. Tu as même approuvé quand je t'ai signalé que Trever se fait aider de sa femme Emily. Tu m'as même, pour la première fois, un peu reproché d'avoir donné une pipe de Trever à une de mes amies qui fume, parfois, la pipe. J'ai senti là une de ces petites pointes de jalousie qui me rassurent quand à l'amour que tu me portes.

Histoire de battre le fer tant qu'il est chaud, j'ai évoqué le prix tout à fait abordable de cette pipe. Tu as répondu que je devrais m'adresser plus souvent à Trever, mais depuis que je le connais, c'est la neuvième que je lui achète, et il faut un peu en laisser aux autres. Je n'ai pas osé te parler de la Goblin qu'un membre du forum a mis en vente récemment, et pour laquelle j'ai craqué. C'est en cachette que je taperai dans un crédit, si c'est encore possible. Je crois d'ailleurs que c'est aussi en cachette que je devrai la fumer, en tout cas en ton absence, quand tu pars chez ta mère. Je ne la montrerai qu'aux amis. Je crois que celle-la, de par son aspect, te laissera sur le flanc.

Pour finir, je voudrais juste te signaler que l'on nous met déjà assez à mal, nous fumeurs, et qu'il n'est pas du tout constructif que nous nous querellions entre nous. Je t'ai parlé de ce couple de malaisiens : au cours d'une visite à la famille, ils ont parlé des problèmes que rencontrait le mari pour arrêter de fumer. Sa femme étant asthmatique, ça n'était évidemment pas une bonne idée. L'un des membres de la famille, qui fait partie d'une secte, a eu la bonne idée de leur proposer un rituel censé les libérer du mal. Il s'agissait de leur taper dessus. Ils en sont morts. Je pense qu'il aurait du continuer à fumer, ils seraient morts plus tard. Mais je ne peux m'empêcher aussi de songer à certains effets néfastes des croisades anti-tabac. Quel malade, quelle femme d'un malade, accepteraient de se faire battre, à moins qu'on ne lui répête sans cesse qu'il fait partie de la lie de la société ? Je voulais t'assurer en tout cas que je préfèrerais cesser de fumer, plutôt que de te faire battre.

Ton petit cachou


*Oui, vous avez remarqué, mes titres sont de plus en plus longs. Bien sur j'aurais pu faire comme avant, me contenter de "une pipe de Trever Talbert" - mais ça aussi on me l'a copié, alors j'essaie autre chose. Je songe d'ailleurs à présenter un billet avec un titre d'une trentaine de ligne, et un texte d'une ligne.

05 septembre 2008

Bourre-pipes de Thierry Melan, Polonium, et divagations habituelles


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Mon dernier billet remonte à cinq semaines ! Entretemps, je reçois des mails très gentils : "Continue, on t'aime" (Robert X, Maubeuge), "tu es grand, tu es beau, tu sens bon le sable chaud" (Josyane Cruchon, Knokke le Zoutte), "à quand le retour de vacances ?" (Yves G, Saint-Claude), etc. ...

De fait, je n'étais pas en vacances.

Et pourtant les sujets ne manquent pas, ces temps-ci.

A commencer par le Polonium 210. La semaine dernière, toute la presse, écrite, tv, radio, ce que l'on appelle les médias, ou les merdias si on ne les aime pas, a dévoilé une information connue depuis... 42 ans ! Car cette information, oui, mes bien chers frères, est connue depuis 42 ans. Je m'en souviens parfaitement, je suis né cette année-là. Vous me direz que j'exagère, mais j'étais déjà précoce à l'époque.

Il y a tout de même deux questions que l'on peut se poser :

Ca n'est pas le tabac qui est radioactif, mais les engrais dont on les arrose. Question N°1 : cet engrais est-il réservé aux seuls plants de tabac ?

Question N°2 : alors pourquoi tout à coup faire un battage avec ça ? Pour faire oublier que nos plats cuisinés, que l'on trouve dans les grandes surfaces, ainsi que nos légumes, ont eux aussi droit à un petit passage de rayons ?

Bon, je n'ai pas la réponse.

Je reçois ce matin une publicité pour une revue de consommateurs. Sur l'enveloppe, ce texte :

Le saviez-vous ? Ce shampoing vendu partout contient des substances toxiques très dangereuses...

Mais ça, avant de recevoir cette enveloppe, je n'en avais pas entendu parler. Notez que cette phrase n'apparaît pas sur les flacons du shampoing en question. Pas d'avis sanitaire sur les shampoings, ça la ficherait mal.

Sur un site Internet, je lis ceci : Malgré son origine naturelle, le radon est un gaz radioactif cancérigène. Il est présent surtout dans les sous-sols volcaniques et granitiques. La Bretagne est donc fortement concernée. Sa présence à des concentrations élevées dans les lieux confinés en fait un élément à traquer par la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass).

Pourtant les bretons sont toujours là. Que fait l'Etat ?

Bon, j'ai l'habitude de parler de pipes ici, suivant mes derniers arrivages, mais j'ai reçu ces temps-ci une note fort gentille des impôts. Ca dit en gros : tu as travaillé, tu as payé eau, gaz, électricité, tu as même pu te payer l'internet. Il te reste de l'argent. Donne-le nous.

Le problème est qu'il ne me reste pas un kopek, mais qu'il va falloir tout de même que je les donne. Donc, très calme sur la pipe ces temps-ci. J'en ai quelques unes que je garde pour plus tard.

Non, pour le coup, je vais encore me défausser en parlant de bourre-pipes. Je ne vais pas encore vous donner le lien de l'article de Fred Hanna, je n'ose plus. il y a toujours des gens pour prendre ça au sérieux... Il devrait y avoir des avis sur certains articles : Attention, ceci n'est pas à prendre au premier degré...

Donc, voici, d'un coup, trois bourre-pipes. Vous apprécierez la différence des styles. C'est pourtant le même auteur. Il s'agit de Thierry Melan. En cliquant sur le titre, vous arriverez sur son site. Pourquoi ne pas nous parler de ses pipes, me direz-vous ? Eh bien, c'est un peu de notre faute à tous les deux. Un de ses modèles m'avait tapé dans l'oeil. J'ai donc demandé à Thierry de m'en faire une. Mais le soucis, c'est qu'il a beaucoup de travail. Thierry est de plus en plus connu sur la place de Paris, et ailleurs, pour réparer et remettre à neuf les pipes des maladroits ou des distraits. Il s'est en plus chargé de remettre à neuf les pipes du Panier du Groupe - pipes d'occasion qui sont proposées aux fumeurs débutants ou qui ont eu aussi reçu une gentille lettre des impôts ( tu as travaillé, tu as payé, etc. ...). Cela permet donc à ceux qui n'ont pas toujours les moyens, ou qui ne sont pas surs d'être vraiment des amateurs, de tester cela tranquillement. Puis, Thierry prend tout de même le temps de fabriquer ses pipes. Mais il a aussi beaucoup de commandes. Entretemps, ayant reçu la gentille lettre, je lui ai demandé de ne pas se presser. Du coup, je suis obligé d'en laisser passer d'autres ! C'est assez étonnant, nous sommes à 300 mètres de distance l'un de l'autre, se serait pourtant bien pratique, mais c'est comme ça. Voilà pourquoi, plutôt que de vous parler de ses pipes, j'ai réuni, au prix d'un gros travail, trois de ses bourre-pipes dans cette magnifique image.

Le premier, qui fait partie de la série Tiki, m'a plu tout de suite par son côté "Art Premier" comme on dit aujourd'hui. J'ai chez moi de vieilles sculptures africaines, il ne dépare pas. De plus, j'ai depuis longtemps envie d'une pipe verte de Trever Talbert, et cette pipe, si je ne l'ai pas encore, a déjà son bourre-pipe. Il ne quitte pas ma table.

Le second, beaucoup plus présentable (?), enfin cela dépend des gens que l'on fréquente, est fait d'une belle bruyère, et de rondelles de hêtre. C'est un objet très sensuel, je dois me retenir de jouer avec.

Le troisième est un peu particulier. Je dois dire que je vais le ranger soigneusement, qu'il restera en vitrine. Parce que l'objet est fragile. C'est plutôt une démonstration de savoir-faire, encore plus frappante que sur cette photo. Le socle est en bruyère, et la partie supérieure n'est pas en plastique, comme on pourrait le croire, mais en bois de cerf ! C'est d'une grande finesse. Thierry a d'ailleurs réitéré en en faisant un encore plus fin que celui-ci. Il y a chez les bricoleurs et les artisans une patience qui m'étonne toujours. Cette partie supérieure, elle représente le logo de mon Groupe de Discussion. C'est idiot, je vous ai dit que j'avais un groupe de discussion ? Il faudra un jour que je vous parle de ce groupe.

Voilà, c'est une démonstration de plus que les pipiers ont tout avantage à se détendre, ou à avoir des nuits d'insomnie. Et que l'inspiration est multiple.





24 juillet 2008

Conseils de Maîtres-Pipiers

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Je suis avec attention le blog Churchill Attack, de Benoît Wagner. Même s'il s'intéresse avant tout au cigare, ça n'est jamais ennuyeux, et Benoît ne dédaigne pas de parler de ses expériences pipières. Et en voilà une qui sort de l'ordinaire : une rencontre avec un Maître-Pipier ! Après "Dieu existe, je l'ai rencontré", voilà "les Maîtres Pipiers sont vrais, j'en ai touché un".

Je vous donne le lien :

http://benoitwagner.typepad.fr/churchill_attack/2008/06/130-ans-du-cad.html

Première question, qui me vient en lisant ce billet - question que je me pose depuis longtemps, mais personne n'a été capable de donner une réponse : quand on parle de Maître-Pipier, on a l'impression d'avoir affaire à un pipier qui sort de l'ordinaire. Pas un pipier, mais plutôt un Super-Pipier (it's a bird ! it's a plane ! No, it's Super-Pipier !).Un peu ce qu'est le chevalier Jedi au Padawan, si vous me suivez. Or, il me semble, je dis bien il me semble, encore une fois je peux me tromper, qu'Yves Grenard, directeur de la maison Chacom, est certainement un très bon directeur, mais pas un Maître-Pipier. Et pas un pipier non plus d'ailleurs. Ca n'est pas un reproche d'ailleurs, simplement je trouve qu'il va finir par y avoir autant de Maîtres-Pipiers que d'habitants à Saint-Claude... Même le boucher de la rue du Pré va finir par s'intituler "Maître Traiteur Pipier !

Ce qui me surprend aussi, c'est cette sorte d'infaillibilité dont ils se parent. On a souvent reproché à certains d'être trop surs d'eux, mais là bizarrement le silence se fait. Parlons-en donc ! On a l'impression que le Maître-Pipier en question joue les oracles. Je vais me permettre de citer un extrait :

"Si vous n'aviez qu'une pipe Chacom à nous conseiller, laquelle choisiriez-vous ?" Grenard, au-dessus de ses lunettes en écaille : "Quel tabac aimez-vous fumer ?" Du gris, répond mon compère. "Du gris ? D'accord... C'est un tabac sec. En se consumant, il va donc chauffer la bruyère dont est composé le foyer de la pipe. Il vous faut un foyer pas trop fin et un tuyau droit, pour assurer un tirage régulier. La n°185 de Chacom est idéale pour le gris. D'une manière générale, quel que soit le tabac, je ne conseille personnellement que des pipes droites ou très légèrement courbées. Pas les courbes."

Et alors là, voyez-vous, je ne comprends pas. Normal, je ne suis pas Maître-Pipier, juste fumeur. D'abord, il n'y a pas que le gris qui en se consumant va chauffer la bruyère. Tous les tabacs, quand on les fume, chauffent la bruyère. Si la bruyère ne chauffe pas, c'est bien simple : la pipe est éteinte. Ou vous êtes distrait, et elle est vide. Et ça n'est pas une question de sécheresse du tabac. Un tabac qui sort d'une boîte ou d'une pochette ouverte, humide, va lui aussi chauffer la bruyère, si on le fume.

Un foyer pas trop fin ? Pourquoi ? Que le foyer soit fin ou large, ben cette pauvre bruyère va chauffer quand même. C'est moche, mais c'est comme ça. Dura lex, sed lex.

Et j'ai des fourneaux épais qui chauffent plus que des fourneaux plus minces...

Et cette phrase, qui est la plus belle de toutes : la n°185 de Chacom est idéale pour le gris.

Alors là, voyez-vous, je cherche encore. Je parlais d'infaillibilité. Mais là ! Donc, si je saisis bien, les fumeurs de gris qui ont bêtement acheté une Chacom qui leur plaisait sont priés de la mettre au placard. Ils doivent acheter la n°185 de Chacom. Pour ceux qui aiment les latakia, je suppose qu'ils doivent soigneusement éviter la n°185 de Chacom. Par contre, on peut penser - mais il faudrait demander, bien sur - que la n°73, la 12, la 27, et la 122bis à la rigueur, seraient les bons numéros pour les fumeurs de latakia.

Or, voyez-vous, je suis bien sur que si j'achetais trois exemplaires de cette n°185, une irait très bien avec les latakia, une autre avec les vriginie, et la troisième, si ça se trouve, avec le gris. Ca n'est qu'un exemple, toutes les solutions sont possibles, avec la bruyère. On ne sait jamais.

Enfin si, certains savent. Ils ont la Connaissance. "La n°185 acheter tu dois, si du gris tu fumes. May the Force be with you. Bon maintenant, un petit coup boire on va".

Monsieur Grenard a une préférence personnelle pour les droites. C'est tout à fait son droit. Mais pourquoi n'a-t-il pas plutôt demandé quelles formes de pipes plaisent à cette personne ? Pourquoi conseille-t-il plutôt des pipes droites ou très légèrement courbes, mais pas les courbes ? Si ici je déconseillais d'acheter des courbes de Chacom, j'aurais encore les oreilles qui sifflent. Mais là n'est pas la question d'ailleurs. On conseille généralement aux débutants de se lancer avec des pipes droites, mais si j'en crois la photo illustrant le billet de Benoît, la personne qui a posé la question, Peintre en l'occurrence, n'est pas, il ne m'en voudra pas, né de la dernière pluie. Disons qu'il tête sa pipe, mais plus son pouce depuis un petit moment. Il semble d'ailleurs ravi de sa n°185. Coup de pot, il aurait pu tomber sur la n°186 !

Mais je ne peux m'empêcher de penser que si monsieur Grenard préférait les pipes courbes, il aurait déconseillé la n°185...

Par contre, et là je m'en excuse tout de suite auprès de mes détracteurs (à qui on a passé le mot de se taire,n'est-ce pas, ils se retiennent les pauvres, mais ils me lisent), je suis tout à fait d'accord avec son opinion sur les pipes sablées. Je me permets simplement de regretter que les sableurs n'aient pas un peu plus de temps pour faire leur travail. D'ailleurs, est-ce bien chez Chacom que l'on sable ? Je ne sais plus, qui m'a dit qu'à Saint-Claude, une seule société avait gardé des ateliers de sablage, et faisait le travail pour toutes les marques sanclaudiennes ? Ca n'a pas grande importance d'ailleurs. Le fait est que j'aime les sablées, mais que je persiste à penser que le sablage demande un peu de temps.

Cela dit, il y a pire. un autre Maître-Pipier, je ne citerai pas son nom, le pauvre, a déclaré : "...le veinage et la pureté du bois transcendent l'arôme." La pureté, bien sur. Mais le veinage ? En quoi ça joue-t-il ? Là aussi, je pose la question, prêt à faire amende honorable. Qu'on me vende une pipe flammée plus cher, d'accord, c'est beau, le pipier a eu la chance de tomber sur un ébauchon qui lui permette cela, il a travaillé en conséquence, mais qu'on ne me raconte pas qu'elle sera meilleure qu'une autre parce que la flamme est bien mise en valeur. Il y a des énormités, comme ça, si un pipier américain avait dit une chose pareille, on l'aurait descendu en flammes, le pauvre !

07 juin 2008

Une pipe de Love Geiger - et un dîner du Groupe

Voilà bientôt un an, le pipe-show de Rheinbach, où je me rends grâce à Alain Letulier. Tout ce que j'ai en poche, c'est un appareil photo. Je ne peux donc acheter de pipe. Une bonne âme n'a d'ailleurs pas manqué de signaler l'inutilité de se déplacer lors d'un évènement pareil sans un sou en poche. Pour moi l'important était de voir enfin ces pipiers en chair et en os, de voir leur travail, et de rencontrer quelques membres du Groupe. Bien sur, si j'avais pu, je me serais offert quelques merveilles. Mais là n'était pas vraiment la question.

Voilà cinq ans bientôt, nous nous retrouvions, avec quelques membres du Groupe, pour un dîner dans un restaurant parisien. C'était l'heureux temps où il était encore possible d'achever dignement un bon repas, une pipe au bec. Quoiqu'en ait dit certaines bonnes âmes, nous étions à l'époque assez nombreux. Et si les dîners parisiens ont battu de l'aile, c'est sans doute qu'il est plus difficile de faire bouger les parisiens que les belges. En 2004, à l'initiative de François, quelques membres du nord de la France, et une partie de notre colonie belge, se retrouvent pour le premier dîner bruxellois.

Et bien, mine de rien, voilà que ce vendredi 6 juin, c'était le dixième dîner bruxellois.

Voilà plusieurs fois que je comptais venir - mais c'est l'éternel problème : je travaille, j'ai des sous, mais ne peut venir. Je ne travaille pas, les impôts s'intéressent de trop près à moi, ce qui donne un gros coup à mon pouvoir d'achat, et je ne peux venir.

Mais voilà, cette fois, c'est fait : Bruxelles, here i am ! (vous aurez noté le discret rappel du mot historique, Lafayette here we are, inventé d'ailleurs par un poète qui n'avait plus que cinq minutes pour écrire son article dans un célèbre hebdomadaire).

Première impression : moi qui d'habitude voyage pour mon travail, c'est à dire en première classe, je suis assez déçu par les secondes. C'est sans doute mon côté prince petit pois. A Bruxelles, comme la dernière fois que je me suis rendu au Roi du Cigare, il pleut.

Mais ça n'est pas grave, une fois rentré, on oublie tout, la fatigue, les odeurs des voyageurs, la pluie : le Roi du cigare est vraiment un endroit splendide. où que se pose le regard, il y a du tabac, des cigares, des pipes, des cigares, des pipes, du whisky, du rhum, des pipes, etc. ... (ad lib)

Tout de suite, je vérifie s'il y a une alarme ou une surveillance caméra : hélas oui. Je remets tout de suite à leur place les choses que j'avais si habilement volées, et je salue tout le monde. Ils sont venus, ils sont tous là, même ceux du sud de l'Italie. Sauf Giorgio, le fils maudit, je veux dire Sir Georges, qui n'a pas pu venir. Comme le fait remarquer l'un d'entre nous, c'est incroyable ce que les retraités sont occupés. Je ne verrai pas non plus Erwin, ni Pierre, ni Jean-Luc (enfin, un des Jean-Luc, ils sont deux déjà présents, il faudra faire un jour un étude sur les prénoms les plus portés par les fumeurs de pipe).

Philippe, Roi du Cigare et maître des lieux, que j'avais donc déjà vu il y a quelques années, grâce à Sylvain, accueille avec beaucoup de bonne grâce la bande de grands malades qui investit son magasin. Et pas seulement son magasin d'ailleurs - je peux en parler, tout ça est tout à fait légal. Deuxième raison d'en parler, ça va faire bisquer quelques tartuffes hygiénistes. Philippe a installé dans son sous-sol un fumoir : et oui, tout y est : fauteuils moelleux, machine à café, whisky, rhum, tout pour rendre un homme heureux.

Je retrouve quelques membres du groupe que je connais, fait la connaissance de ceux que je ne connaissais pas.

A ce sujet, on m'a fait remarquer qu'il est de bon ton d'être concurrentiel, et donc de placer un lien vers son forum dès que possible.

Je réécris donc :

Je retrouve quelques membres du Groupe que je connais, fait la connaissance de ceux que je ne connaissais jusque là que par mail.

Ah, ce Groupe ! Quel Groupe !

Je dois dire que j'ai été sincèrement heureux de cette soirée, avec des gens drôles, pas compliqués, qui profitent, échangent, causent, en toute simplicité.

Pour résumer, on s'est bien amusé !

Et l'un des Jean-Luc m'avait apporté cette pipe de Love Geiger que je suis bien content de lui avoir acheté. Elle lui en avait pourtant donné, du soucis, cette pipe ! Il lui avait tout de même fallu une après-midi pour se décider. Et bien, il avait fait un bon choix. J'ai d'ailleurs bien senti qu'il la regrettait, et je lui ai proposé de la garder, mais voilà, il a d'autres projets en tête.

Voilà donc cette Geiger, avec cette bague si belle et si particulière. Mais quel est donc ce bois exotique, cette essence, que Love a utilisée ? Du Xanax Glaireux ? de l'ortie blanche ? de l'artichaut du Japon ? une dent cariée de hyène ?* Eh non, ami pétuneur, c'est... du bouleau ! Il faut préciser que ce bouleau est un peu pourri. C'est ainsi qu'il rend si bien lorsqu'il est travaillé et poli.

Il faut noter aussi le bec, fin, très ouvert, très confortable. Seul souci, quand, rentré chez moi, mon chat fidèle sur les genoux, j'ai porté cette pipe en bouche et aspiré, j'ai pensé exactement ceci : "Crotte, ça siffle !" (je suis très familier avec moi-même). J'ai toujours un peu peur des pipes qui sifflent. J'ai toujours eu l'impression, vérifiée le plus souvent, que le fumage va être humide, pas agréable, et qu'à chaque fois que je vais prendre une bonne bouffée, tous les chiens du quartier vont aboyer, rapport aux ultra-sons.

Et bien, cette pipe, je viens enfin de la fumer - pour une fois que j'ai une soirée tranquille ! Et bien le fumage est parfait. La taille du fourneau me convient tout à fait, Jean-Luc regrettait qu'il ne soit pas plus grand, mais je les préfère petites et fines.

Voilà, plusieurs bonnes surprises dans la même soirée, et un déplacement que j'espère pouvoir refaire dès que possible, j'espère avant cinq autres années.

* On va dire que j'en veux aux hyènes, que je n'aime pas les hyènes, que je suis anti-hyènes - mais il faut bien l'avouer, les hyènes ont une dentition dégueulasse. J'en ai connu une, qui répondait au sobriquet de "Bouche d'égout".

13 avril 2008

Pas de pipe, mais deux histoires

Pour une fois je ne vais pas parler de pipe, mais vous raconter deux histoires. Le tout est de ne pas être ennuyeux. Ceux qui ont l'habitude de suivre ce blog connaissent bien mes hauts et mes bas, et je veux croire qu'ils passeront l'éponge et attendront le prochain billet.

Sacha Guitry - je ne vous présente pas Sacha, n'est-ce pas ? - racontait cette histoire, qui m'est revenu souvent à l'esprit ces temps-ci, par la force des choses. Son père Lucien était un comédien mondialement connu, c'est une autre époque, s'exprimer en français c'était franchir les frontières. Voilà donc que Sacha, en pleine répétition de sa prochaine pièce, et la première arrivant, reçoit un mot - pas de mail à l'époque, on s'écrivait, mais le facteur passait plus souvent aussi - lui disant qu'il vient d'être opéré d'un bête furoncle, et qu'il n'est plus question, le soir de la première, de le placer à l'orchestre : il n'a pas envie qu'on le voit avec un ridicule pansement. Il lui demande donc de lui réserver une loge, dans laquelle il pourra voir, sans être vu. Son fils fait donc le nécessaire, le soir de la première arrive, Sacha joue, et cherche à voir son père dans la loge en question. Mais il ne distingue rien. Après le premier acte, on vient lui apporter quelques mots de son père, écrits à la hâte sur un bout de papier, quelque chose comme : magnifique, j'attends la suite avec impatience. Puis, après le deuxième acte, encore un petit mot : bravo, c'est superbe, à tout à l'heure. Puis vient la fin de la pièce, et là on vient chercher Sacha pour lui demander de se rendre au plus vite chez son père. La chose était plus grave qu'il ne semblait. Sacha arrive trop tard, son père est mort, chez lui, pendant la représentation. Mais comme il se sentait passer, et qu'il ne voulait surtout pas gêner la représentation et son fils, il avait préparé à l'avance les petits mots qu'on lui apporterait, durant les entractes qui à l'époque suivaient chaque acte.

J'avais toujours pensé que des personnes étrangères au théâtre pourraient être surprises, voire choquées, de cette histoire.

Voici une autre anecdote, avec les mêmes, qui va appuyer mon propos : alors qu'ils répêtaient une pièce ensemble, Sacha et Lucien s'attardent au restaurant, laissent leurs camarades partir au théâtre avant eux, leur demandant de commencer à répêter sans les attendre. Ils finissent de déjeuner, les rejoignent, mais avant d'entrer dans la salle, Lucien Guitry entrouve une porte, tend l'oreille, et dit à son fils : ils parlent naturellement, c'est donc qu'ils ne répêtent pas...

Voilà deux semaines, un médecin jeune et très gentil nous a reçu, moi et ma mère, dans on bureau, pour nous dire que mon père n'en avait plus que pour quelques jours, voire quelques heures... Situation compliquée par le fait que j'étais obligée, étant en tournée, de laisser ma mère seule. Ma mère heureusement n'est pas restée seule durant mon absence, mais voilà la seconde histoire :
Comme ma mère tremblait à chaque appel téléphonique, je lui avais demandé, avant mon départ, de me laisser un message chque jour pour me donner des nouvelles de mon père. J'avais donc chaque jour un triste résumé de la journée passée. Il y a trois jours, j'arrive à Bastia - pas seul bien sur, mais bien accompagné, puisque j'ai la chance de travailler avec mes plus proches amis. Ma mère me laisse un message pessimiste en fin d'après-midi. Le lendemain, vendredi, j'appelle le frère de mon père, la communication coupe, mais à mon appel suivant, c'est ma tante qui décroche : j'ai en effet l'occasion de voir, à Bastia, une cousine de mon père et son mari. Je demande donc leur numéro de téléphone, les contacte, et prend rendez-vous avec eux, samedi avant la représentation. Je suis content de les voir, puisqu'à ma dernière tournée, j'avais eu l'occasion de passer à l'ile dela Réunion, où ils vivent, mais malheureusement nous nous étions râté.
Nous nous retrouvons, je donne à la famille les dernières nouvelles, pas brillantes. Eux sont des spectateurs fins et avertis, me posent des questions sur mon métier, c'est plaisant, intelligent. La représentation se passe bien, et nous nous quittons en espérant nous revoir plus longuement la prochaine fois. Pour rappel, nous sommes samedi soir.
Le lendemain, nous rentrons à Paris, ma mère me laisse un message inquiétant, je la rappelle sitôt l'avion posé, et j'apprends que mon père est mort deux jours plus tôt, vendredi soir. Ma mère n'a pas voulu que je l'apprenne, sachant que je jouais samedi, et que je ne pourrai rien faire avant de rentrer.

Je pensais que ce réflexe, auquel je faisais allusion au début, de ne rien dire pour ne pas gâcher une représentation, seul quelqu'un du métier pourrait l'avoir. Je trouve cela admirable, pour quelqu'un "de la partie", mais bien plus encore chez quelqu'un à qui tout cela est étranger. Et puis, bien sur en y repensant maintenant, je vois quelques fausses notes, mais vraiment, toutes ces personnes à qui j'ai parlé, que j'ai vu, qui savaient et qui me l'ont caché... et bien voilà de quoi alimenter les interrogations, et la modestie. Berné, le "professionnel", et dans les grandes largeurs !

Voilà, les membres du groupe qui suivent ces lignes comprendront mon silence. J'avais annoncé d'ailleurs que je ne serais pas disponible durant quelques temps, mais c'était avant que cela arrive, et j'ai eu l'impression que beaucoup n'osaient plus intervenir à cause de cela. Inutile donc d'en rajouter, moi qui me plaint toujours quand c'est trop calme. Je ne sais si je prendrai le temps d'intervenir demain, et je repars mardi jusqu'à la fin de semaine. Voilà qui expliquera aussi ma discrétion ici ces temps-ci.

20 mars 2008

Tag pour Tag

Il y a quelques temps de cela, avant d'avoir un peu abandonné ce blog pour des raisons mauvaises, puisque sérieuses, j'avais eu ce commentaire :

Je me fais le relais de "Churchill attack" :
A savoir :
"Ayant été tagué par Deli, j'ai le regret de vous annoncer que vous avez été tagué à votre tour. Vous êtes "invité" à raconter six choses sans importance à votre sujet. Libre vous d'y donner suite... et de taguer à votre tour six blogueurs. Bonne journée ! :)"

C'est Peintre, animateur du blog Les copains d'abord, qui m'avait adressé ce message. C'est donc à moi de passer le relais.

Voici donc six choses sans importance à mon sujet :

-je fais de bonnes quiches lorraines
-j'ai de longues conversations philosophiques avec mon chat
-chaque fois que je vois Fred Astaire, je regrette de ne pas être danseur de claquettes
-finalement, je préfère "le vicomte de Bragelonne" aux "Trois mousquetaires" et à "Vingt ans après"
-je crois que je n'ai pas une tête à chapeau, et je le regrette
-je laisse trop longtemps mes pipes fumées s'entasser sur mon bureau, devant le clavier

Et voici les personnes et les blogs que je tague :

-David Enrique, et son blog Des bouts de rêve
-Pierre, et son blog Incitations
-Jean-Luc, Le blog à Jean-Luc
-Erwan, même s'il cherche une autre solution qu'un blog, Bouddhaenshort et ses puros
-Trever Talbert, qui vient de rénover, avec Emily, the Talbert pipe blog
et pour ne pas me cantonner au domaine pipier, un blog où il est question de chaussures et de coupes-choux, l'Espace perso de Jean-Claude

Cliquez sur les titres, découvrez ou faites connaissance, et si ces blogs vous plaisent, un petit commentaire sera toujours bienvenu.

Et comme je n'ai pas pu citer tout le monde, il faudra que je parle des autres blogs, un peu plus tard...

29 février 2008

Une pipe de Rolando Negoita - qui ne plaît pas à tout le monde

Je parcours un site sur lequel je n'étais pas revenu depuis longtemps. J'avais bien fait. Lequel me direz-vous ? Je ne le citerai pas. L'animateur de ce site connaît pourtant mon blog, il ne le cite nulle part, alors qu'l en met d'autres en avant. C'est son choix, et il est libre, d'ailleurs. C'est même une délicate attention que je lui retourne. Je préfère d'ailleurs, et n'en ai nul besoin. La lecture des différentes rubriques de ce site est d'ailleurs instructive.
Alors que des bonnes âmes se sont données beaucoup de mal pour faire de moi le vilain méchant qui rêve de la fermeture des sociétés pipières françaises, ce que je lis sur ce site au sujet de Chacom et BC est assez étonnant. J'aurais dit le dixième de cela que de courageux anonymes se seraient dépêchés de balancer leur fiel ici, et ailleurs. Heureusement, ils visent mal, et l'endroit est venteux. Mais bon, il faut croire que c'est plus une question de tête du client que de positions prises ? Car enfin l'animateur de ce site n'a eu à subir aucune volée de bois vert. Pas sur son site, parce qu'il n'est pas fait état de réactions des quelques visiteurs. Mais sur les forums où il est inscrit, je connais quelques courageux défenseurs de la bouffarde bien de chez nous qui m'ont longtemps soufflé dans les bronches, et qui dans son cas se sont abstenus. Je ne comprends pas très bien pourquoi, encore une fois, à côté je fais petit joueur. Copinage ? Indignation sélective ?
Il y a quelques photos, en guise d'exemple, et de démonstration. Mais j'y reviendrai.
De nouvelles rubriques ont vu le jour - on y voit des personnalités fumeuses, et des publicités. Je trouve que c'est une bonne idée. Je me permets simplement de constater que ces rubriques existaient déjà sur mon forum, dès sa création, et sont présentes, et régulièrement mises à jour, sur mon site, ouvert depuis trois ans. Je retrouve les mêmes noms, forcément. Ca n'est donc pas orginal. Ca fait doublon. Curieux comme certains confondent concurence - j'emploie ce mot qui peut choquer, il n'est pas de moi - et plagiat.
L'administrateur de ce site ne s'est pas gêné, fut un temps, pour me faire la leçon. Je suis étonné de sa copie. Et de son manque d'imagination.
Pour en revenir à ces articles sur les marques françaises, il sont donc illustrés de photos. Pour démontrer qu'il a raison, son auteur les a soigneusement choisies. Il veut démontrer que ces marques font du moche. Et là, son choix est curieux : un mélange de pipes créées par des designers, et par des pipiers, qu'il qualifie de designer, parce qu'ils ne les aime pas.
Peut-on ranger, par exemple, Rolando Negoita dans la catégorie des designers, et regretter que nos marques sanclaudiennes s'en inspirent ou fassent appel à lui ?
Oui.
Pour être précis, oui, si l'on a pas fumé ne serait-ce qu'une pipe de Rolando Negoita.
Peut-on ranger ce pipier, et un de ses modèles emblématiques, dans une page consacrée aux "horreurs" ?
Oui.
Oui, si l'on est de parti pris.
Vous me direz qu'après tout, les pipiers ne sont pas toujours bien inspirés. C'est vrai. Mais pourquoi uniquement montrer du doigt les modèles que l'on considère comme ratés, moches, horribles ?
Parce qu'après tout, sur ce site, il y a aussi une page consacrée aux pipes de rêve, pardon, belles pipes. Cette page est d'ailleurs beaucoup moins alimentée que celle consacrée aux "horreurs"...
Car enfin, deux Negoita dans la page "horreurs", pas une dans la page "belles".
Idem pour Parks.
Idem pour Cannoy, Geiger, Knudsen, Revjaguine.
Voilà des pipiers qui sont donc bons à mettre dans la poubelle, purement et simplement.
Un pur esprit nous parle.
Encore une fois, c'est toujours le même procédé. Pour bien montrer qu'Untel fait du caca, on choisit soigneusement un exemple qui se veut preuve. Notez que les pipiers en question s'en fichent éperdument, ils ont toujours autant de travail. Mais faut-il pour autant, si ce n'est pour se donner un statut, le statut du commandeur, pardon pour le jeu de mots, plutôt le statut du connaisseur, celui à qui on ne la fait pas, user de tels procédés ?
Je crois que non. Alors j'ai bien pensé à faire une "contre-page" ici, avec des photos du travail de ces pipiers, mais je vous engage plutôt à passer par mon site. C'est plus facile pour moi. Chacun a une galerie, qui ne se veut pas exhaustive, mais démonstrative des diverses sources d'inspiration que peut avoir chaque pipier. Toutes les pipes présentées ne vous plairont peut-être pas, mais au moins vous aurez un peu plus de choix. Chaque page mène vers le site de ces pipiers : là aussi de quoi se faire sa propre idée, en toute impartialité.
Cela ne vaut-il pas mieux ?

22 février 2008

Nouvelles d'un Fumeur de Pipe tagué

Le temps passe, et voilà un mois bientôt que je n'ai pas donné de nouvelles. La période est aux complications, et je dois dire que je ne vois pas le temps passer. Comme je n'achète plus de pipes, et que je suis contraint d'en vendre, j'ai un peu oublié ce blog.
Mais il semble que l'on ne m'oublie pas, puisque le nombre de visites continue à grimper. Et voilà que Peintre, ce matin, me tague !
Je dois dire que je ne connaissais pas ça. Je l'ai découvert en parcourant le blog Churchill Attack. Il s'agit de se poser à soi-même 6 questions, d'y répondre le mieux possible, et à son tour de donner le flambeau à 6 autres bloggeurs.
Après avoir été tagué par Churchill Attack, voilà que Peintre, animateur du blog Les copains d'abord, que je salue bien, me passe le bébé.
Pour être juste d'ailleurs, il faut raconter 6 choses sans importance à mon sujet. il ne s'agit pas vraiment d'un jeu question/réponse. C'est une interview sans interviewer.
Eh bien voilà qui va peut-être me remettre en selle, si j'ose dire. Donc, à bientôt.

25 janvier 2008

Une pipe de Tom Richard, et nouvelles du monde d'Ubu

Voici ma seconde bambou, une pipe de Tom Richard. Voilà quelques temps que je l'ai puisque je l'ai achetée à peu près en même temps que la Heeschen déjà évoquée ici. Cette pipe a une tige bambou d'une grande finesse elle aussi. Le montage est par contre différent de la Heeschen, puisque le bambou est traversé par un tube métallique.

Le sablage est peu profond, et n'apporte pas grand chose. Je suppose qu'il a du être fait pour cacher certains petits défauts. Mais bien évidemment cela n'interfère en rien à l'usage. Je l'ai trouvée sur le site de Per Billhal, Scandinavian Pipes, que je recommande fortement. Per Billhal est d'une grande gentillesse, et vous pouvez lui manifester votre contentement après quelques fumages, c'est une chose qui lui fait plaisir, je crois.

Pour tout dire, cette pipe, j'ai failli l'échanger sur un coup de tête. Thierry Melan me montrait quelques pipes, qu'il remet si bien à neuf, et voilà qu'il me met sous le nez une vieille anglaise, avec un sablage, lui, superbe. De ces sablages que l'on pouvait obtenir avec la bruyère algérienne utilisée à l'époque.

Mais c'était trop tôt, et décidément elle est trop agréable en bouche. Et vraiment je l'aurais regretté. Il faudrait que j'essaie de proposer autre chose en échange, mais depuis que Thierry l'a vue, je ne crois pas qu'il envisage autre chose... Peut-être ne le faisant boire ? Ou en lui proposant ma vieille Nespresso ?

J'avais déjà une pipe de Tom Richard, que j'ai revendue pour rembourser celle-ci. Quelques temps se sont passés entre ces deux pipes, et il me semble que le progrès est net. L'idéal serait d'en essayer d'autres, pour vérifier...

Et pendant ce temps...
En Allemagne, où les lois sont différentes, si j'ai bien saisi, suivant les "länders", il est possible dans certaines régions de fumer dans les petites sociétés. Or, voila que le patron d'une de ses sociétés, a viré proprement 3 employés non-fumeurs ! Je ne connais pas le fin fond de l'affaire, pour le connaître il aurait fallu être un des employés. Il semblerait que les non-fumeurs aient vraiment fait des pieds et des mains pour enquiquiner les 7 autres employés fumeurs, avec toutes les suites de condition de travail pénible que cela implique. Petit scandale, donc.
Je me souviens qu'en France, on avait beaucoup glosé sur cet entrepreneur qui n'employait et n'embauchait que des non-fumeurs. Discrimination ? Il faut croire que non, la Halde n'avait semble-t-il pas protesté. Il est donc tout à fait possible de refuser à l'embauche des employés fumeurs.
Mais, que se passerait-il dans le cas inverse ? Un patron fumeur affiche qu'il n'embauchera que des employés fumeurs ? Je crois que cela ne passerait pas aussi facilement.
A preuve ces patrons de bistro qui, fumeurs, et travaillant seuls, sont légalement obligés de bosser, et c'est autre chose que de passer sa journée sur un fauteuil, sans fumer. L'avantage, c'est que s'il a les moyens de prendre un garçon, ou une serveuse, il pourra sortir de temps en temps se livrer à sa débauche.
Ces pauvres patrons de café ! Récemment encore un "débat" avait cloué le bec d'un de leurs représentants, qui craignait une baisse de la fréquentation. Avec quel mépris ces scientifiques, qui d'ailleurs avaient tous un livre à vendre, ont-ils repoussé ses dires ! Ce que disait le représentant des bistros : voyance et boule de cristal ! Ce qu'ils avançaient, eux : pas de la voyance, des faits, du sur, du scientifique. Tous les non-fumeurs allaient se précipiter dans les cafés, restaurants, pour enfin pouvoir en profiter. Las...
Une semaine après la mise en application du décret, on parle, rapidement, de 10% de baisse du chiffre d'affaire. En creusant un peu, on s'aperçoit que cela va même jusqu'à 30 et 40%, au moments de "bourre", comme le café du matin ou l'apéro du soir.
Tiens...
Où sont les non-fumeurs ?
Deux semaines après, on parle de 50% dans certains cas.
Que diraient tous les tenants de l'interdiction du tabac si on baissait leur paie dans les mêmes proportions ?
Que diraient-ils si leur société accusait la même baisse, et allait devoir se décider à se séparer d'eux ?
Au même moment, une association bénéficiant des deniers publics met un lien sur son site vers un formulaire pré-rempli. A quoi sert-il ce formulaire ? Mais à dénoncer les vilains fumeurs, et les patrons bistro complices.
Après le film de Clouzot, voici " le Corbeau 2, le retour ". Cela dit, cela ne doit pas étonner non plus. Il est tout à fait possible, et ça peut même être intéressant financièrement, de dénoncer Untel en écrivant aux impôts.
Un blogger agissant, et qui n'est pas tout seul, propose d'interdire les portables dans les lieux publics. Eh oui, on parle souvent des dangers du portable... Pour faire un test, il s'est amusé à mettre en route un brouilleur dans un café. Les fumeurs et non-fumeurs se sont retrouvés à téléphoner, tous ensemble, sur le trottoir. Seul petit défaut : si la vente de brouilleur est autorisée, son usage est interdit.
Dans le même temps, un patron de café fait une grève de la faim depuis 8 jours maintenant. Comme il ne s'appelle pas Jose Bové, ça intéresse moins, mais on commence à en parler tout de même. Il doit même être reçu à l'Elysée prochainement.
Les bars à Narguilé sont plutôt tranquilles. Il s'était dit à un moment que fumer le narguilé est encore plus nocif que la cigarette – mais si l'interdiction est respectée dans la très grande majorité des bar-tabac, elle ne l'est pas dans les bars à narguilés. Un seul est je crois dans le collimateur d'une militante bien-pensante, qui en parle avec émotion comme de criminels. Elle n'a jamais du se faire tabasser puis faucher son sac à main. Qu'on me comprenne bien : je n'appelle personne à faire cela – mais tout de même je pense que les policiers ont d'autres " crimes " à traîter.
J'apprends que Helmut Schmidt, fumeur de cigarettes, à ne pas confondre avec Helmut Kohl, fumeur de pipe lui, est sous le coup d'une plainte portée par une association anti-tabac, pour " infraction aux lois anti-tabac ", et " coups et blessures ". Je suis surpris : à 89 ans, si Helmut Schmidt s'amuse à tabasser des gens, ça prouve une certaine verdeur qu'on peut lui envier. Mais non, il a simplement été surpris en train de fumer dans un théâtre.
Etonnant, non ? Fumer en présence d'autres gens devient aussi grave que si on leur avait tapé dessus. J'en connais à qui ça va donner des idées.
Bienvenue chez Ubu !
A propos de salle de spectacle, j'ai croisé hier – je ne veux pas citer son nom, on ose même plus ! un comédien que tout le monde connaît et apprécie. C'est maintenant un monsieur d'un certain âge. Il a bougonné contre ces interdictions, et a allumé sa cigarette dans la petite pièce attenant à la scène. Eh bien, est-ce respect, ou bonne éducation, personne ne lui a demandé de l'éteindre, et personne n'a porté plainte... Mais chut !

03 janvier 2008

une pipe de Rad Davis



Voici maintenant le temps des bons voeux. Que pouvons-nous nous souhaiter, nous autres humeurs, par les temps qui courent ? Que l'on ne s'occupe pas de nous. Nous voila réduits à fumer chez nous pour les plus chanceux, dehors pour les plus malchanceux. "On" nous dit que le tabac tue, et "on" nous en vend. Mais on nous demande de ne pas fumer là où on l'achète. Allez dehors. Il y a en ce moment une publicité pour la Halde, dans les couloirs du métro. On y voit quatre silhouettes, devant une porte, avec écrit au-dessus "Fermé pour vous". A ces quatre silhouettes, on pourrait ajouter celles d'un fumeur de cigare, puis d'un fumeur de cigarette, et enfin d'un fumeur de pipe. La Halde, c'est la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité. Notez qu'elle s'occupe de choses et de cas plus importants que nos petits soucis, mais enfin il me semble que l'on commence mal une année en luttant contre les discriminations, tout en en ajoutant d'autres.

Et puis le fumeur ne fait pas pleurer dans les chaumières. Les gens sont bien contents de faire ce qu'on leur dit. On leur promet que ça se passe super bien, que tout le monde il est content, alors on rentre dans le rang. On y va même dans les grands mots. J'ai lu je ne sais combien de fois : la France est non fumeuse. Tiens. Nous étions hier encore quelques millions tout de même. Nous aurions donc tous disparus. Evaporés les fumeurs, partis en fumée. Mme Bachelot, qui a fêté ça en buvant ce qui me semble être un Kirr (pour l'alcool semble-t-il, on peut encore y aller) parle d'un "nouvel art de vivre". C'est de bonne guerre. C'est fou ce que nous autres humeurs avons pu parler d'"art de vivre". Je préfère la douceur de vivre, mais c'est autre chose.

Maintenant, quand je ferai un passage dans les bars, dits "lieux de convivialité", je sentirai beaucoup l'odeur de l'huile de friture. La friture, c'est tout un art de vivre ?

Mais tout ça a un but, puisque c'est une question de santé publique. C'est donc fort honorable, et nous aurions mauvaise grâce à discuter, n'est-ce pas. C'est bien connu, le fumeur est égoïste, et ne pense qu'à lui, jamais aux autres. D'ailleurs, pour préserver la santé des autres, on va lui demander d'aller fumer dehors, s'enrhumer sans doute par la même occasion, ce qui confirmera la légende qui dit que les fumeurs sont plus souvent malades que les autres.

Et puis n'est-ce pas, les chiffres de vente du tabac vont baisser. Ca fait un moment qu'on nous dit ça, mais là cette fois on tient le bon bout. C'est tout juste si sous les articles à la gloire du décret, on peut lire des nouvelles du genre "la France, plaque tournante du tabac de contrebande : les saisies de cigarettes de contrebande ont doublé en cinq ans, mais l'activité des douanes ne suffit pas à enrayer les trafics". Ce doit être une fausse nouvelle. 5 euros par paquets, c'est à la portée de tout le monde, pourquoi vouloir payer moins cher ? une question de pouvoir d'achat... Et puis l'on sait bien que les augmentations des prix n'ont qu'un effet : la baisse du nombre des fumeurs, puisqu'on nous le dit.

Il faut donc nous résoudre à fumer chez nous. C'est d'ailleurs là qu'on est le mieux finalement. J'ai une machine qui me fait des expressos au petit poil. Et puis ça m'évitera de me faire dénoncer. Circulent sur certains forums des exemples de lettres types à adresser à qui de droit pour dénoncer les vilains fumeurs. La délation, un art de vivre pour certains...

Il va aussi falloir que je m'attelle à des modifications sur le site. C'est d'ailleurs commencé. Mais j'ai près de 600 pages sur ce site à classer... Il y a tout de même encore quelques personnes qui mettent du t.... dans leur pipe, difficile de ne pas en parler : mais promis, on va cacher tout ça.

Pour ne pas rester trop sombre - c'est vrai, je parle finalement un peu trop de tout ce qui nous arrive, mais je dois dire que je suis toujours surpris en voyant les blogs de fumeurs évoquer si rarement la question. Font-ils le gros dos ? Alors j'essaie de faire une moyenne. Pour ne pas rester trop sombre donc, voici une magnifique pipe de Rad Davis. Magnifique par son sablage. Quand on la pose, elle semble s'élancer. Cette pipe s'envole. Les autres pipes de Rad que j'ai, en finition "tan", ont pris des teintes de miel. J'attends avec impatience de voir ce qu'elle va donner d'ici quelques temps. Cette pipe, c'est un peu une séance de rattrapage. Une superbe poker de Rad m'était passée sous le nez. Celle-ci était la suivante, presque aussi belle. Elle m'a bien consolé. Et ça n'est pas fini.

Donc, puisque c'est l'époque des bons voeux, je ne peux que vous souhaiter d'avoir d'aussi jolis, d'aussi bons instruments de consolation, de continuer à voir des amis qui supportent nos petites manies, et même qui les apprécient. Jean Giono, à qui son médecin n'avait autorisé que deux pipes journalières, disait : c'est maintenant que j'en profite vraiment. Alors, profitons.

25 décembre 2007

Une pipe de David Enrique


C'est la belle nuit de Noël...

Nombre de mes camarades humeurs de pipe (oui, j'écrit humeurs, pour ne pas avoir d'ennuis) ont allumé ce soir leur pipe de Noël. Cette pipe, ou ces pipes, ils les attendaient. Elles ont pu arriver au dernier moment, hasard de la Poste - c'est toujours hasardeux l'envoi de pipes par la Poste, ou elles attendaient depuis quelques temps, dans un coin. Il n'est pas toujours facile d'ignorer une pipe quand on a tellement envie de faire sa conaissance. Il faut la laisser dans un coin, ni trop loin, ni trop près. On ne doit pas la voir, on y pense déjà bien assez comme ça, et on doit en même temps avoir la certitude que personne n'a cru malin de faire du rangement, c'est à dire de faire en sorte qu'on ne retrouve plus ce qu'on cherche.

En ce qui me concerne, la situation est un peu différente. Voilà une pipe que j'ai depuis quelques temps, je dirais trois mois à vue de nez. Et je n'en ai toujours pas parlé ici. C'est qu'il faut que je pense à tout le monde. Quelqu'un a écrit ici, en commentaire, que ce blog n'était fait ni par un fumeur de pipe, ni pour des fumeurs de pipe. Voilà sans doute qui pourra me servir de certificat en cas de problème. Je constate que dès lors que je ne parle pas de pipe, il reste étrangement silencieux. Je suis donc moralement obligé de parler de sujets assez ennuyeux, comme certaines associations. Ca le repose. Enfin, j'en parle comme s'il était seul, mais l'Anonyme, sur les blogs, c'est un peu comme le Cerbère, le chien des enfers, qui avait trois têtes. Je ne sais combien de têtes il ont exactement, mais je me rends compte qu'il n'ont qu'un seul cerveau. Ils ne se le prêtent pas à tour de rôle, non, ils se le partagent...

Donc, voilà un moment que j'aurais du parler de cette pipe. Mais je voulais être sur. On pourrait croire que ce blog n'est là que pour servir la soupe. Il faut donc que parfois, je me contraigne à parler d'autres choses, et à attendre encore un peu. Et bien voilà que le moment est venu je crois.

C'est la belle nuit de Noël... un grand calme dans les rues. J'allais dire pas un chat, mais ce serait oublier celui qui vient de se caler sur mes genoux. Donc, pas de pipe nouvelle ce soir ou demain, au pied du sapin. Je n'ai rien contre les sapins. Mon chat si. Pas de pipe nouvelle, mais une pipe qui ne rentre pas dans le rang, si j'ose dire. Elle reste nouvelle. Elle ne rentre pas dans la cohorte des pipes que l'on range sagement pour qu'elles attendent leur tour; Cette pipe, j'ai le plus grand mal à ne pas la fumer, encore, plus souvent.

Et pourtant j'aurais du m'y faire, depuis le temps ! Eh bien non. Voilà donc, encore, une pipe de David Enrique. Bon, encore une. Ben oui. Mais il n'est pas toujours facile d'en choper une. Il faut les attraper au vol. C'est un sport. Ca demande un entraînement acharné, des exercices, une grande attention. J'en connais qui attendent depuis longtemps leur première Enrique. D'autres qui trichent, au bureau, et qui surveillent le site avec attention. Rien à faire. Voilà donc cette pipe, que je ne vais même pas peser, ma balance va encore me demander pour quoi je la dérange pour si peu. Vous n'aurez pas de chiffres, ce coup-ci. Je peux juste vous dire que je ne crois pas me tromper en disant que David a été influencé par une forme de Lars Ivarsson. Ah et puis elle a juste été recouverte d'une couche de shellac. Kezaco ? Réponse, le shellac est une matière mystérieuse, dont je ne vous donnerai pas la composition à cette heure-ci. C'est ce qui fait sans doute que dès le premier fumage, elle a commencé à se teinter. J'oserais même dire "se buriner".

J'ai failli, dans mes rêves, demander à David de me faire dix exemplaires de cette pipe. Mais hélas ça ne servirait à rien. Il y en aurait toujours certaines qui me plairaient plus que d'autres. Mais le poids, le format, tout cela me semble devoir être noté dans un coin de ma petite tête pour servir de mêtre étalon. Enfin une pipe que je serai content de humer demain, elle était dans mon sac ce soir avec moi, mais l'occasion ne s'est pas présentée.

Amis humeurs, c'est la belle nuit de Noël... Pensons que nous avons de la chance, demain nos pipes seront pleines. Et n'oublions pas que, ce soir, seul ou entouré d'amis, avec le sourire ou avec la peine, avec nos proches dont c'est peut-être le dernier Noël, nous pouvons encore passer de bons moments.

14 décembre 2007

Un message de la DNF

Un site d'amateurs de cigares qui respecte la législation, c'est possible !

Retour sur une action " DNF " /" Pour une poignée de cigares "...

Paris - 13 décembre 2007 : Les invectives de certains clubs de cigares à l'encontre de l'association DNF et de ses dirigeants ont été nombreuses en cette année 2007. DNF, de son coté, n'a pas souhaité entrer dans des polémiques stériles, concentrant ses efforts en direction de ceux qui pouvaient entendre un discours pondéré visant à supprimer le caractère public des titres de presse écrite ou Internet dont l'objet social est de nature à encourager la consommation du tabac. Alors que les critiques véhémentes contre les actions de l'association continuent d'aller bon train, DNF prouve ainsi qu'elle sait également tendre la main aux associations qui font preuve de bonne foi.

L'association " Les Droits des Non Fumeurs " a fait délivrer à l'association " Pour une Poignée de Cigares " deux citations directes par-devant les Tribunaux correctionnels de Dijon (2006) et de Paris (2007). Elle faisait grief à " Pour une Poignée de Cigares " d'avoir communiqué, sur son site Internet, des informations relatives au cigare (appréciation critique, photos, représentations de bague...) accessibles au grand public et de nature à inciter à la pratique du tabagisme.
Elle estimait que, ce faisant, l'association " Pour une Poignée de Cigares " n'avait pas respecté les dispositions du code de la santé publique (articles L. 3511-1 et suivants) prohibant la publicité et la propagande en faveur du tabac.

L'association " Pour une Poignée de Cigares " a, de sa propre initiative, modifié son site Internet afin de ne rendre les informations valorisant la consommation du tabac, et notamment du cigare, accessibles qu'aux seuls abonnés, à l'exclusion du grand public, ainsi qu'il est prévu au code de la santé publique.

Dans ce contexte, l'association " Les Droits des Non Fumeurs " a estimé que ce site Internet était, dans ces conditions, en conformité avec les dispositions précitées du Code de la santé publique et s'est désistée de ses citations directes.

Certains clubs d'amateurs de cigares inondent la presse d'informations infondées qui donnent de l'association DNF l'image grotesque d'une milice qui pourchasserait les fumeurs dans le but d'obtenir de l'argent.

L'association, en vertu de l'article L. 3512-1 du code de la santé publique, lutte activement contre les méfaits du tabagisme. La publicité et la promotion du tabac mettent à mal ses efforts en banalisant illégalement la consommation du tabac.

" Pour une poignée de cigares ", consciente du bien fondé de cette démarche s'est donc mise en conformité en limitant l'accès de son site à ses seuls adhérents, ce qui redonne à la communication son caractère privé.

Reconnaissant la bonne volonté et les efforts de cette association pour se mettre en conformité, DNF a donc décidé d'abandonner ses poursuites contre ce site Internet dédié aux cigares et souhaite que cette initiative incite les autres associations de ce type à suivre cet exemple."

Voilà un texte qui valait d'être édité ici.

Je suis toujours surpris de voir voir avec quel art certains omettent des « détails », je sais que l'on pourrait me reprocher le mot aussi.

Car enfin, il y a quelques erreurs et omissions qu'il me semble normal de devoir corriger.
Tant qu'il m'est encore possible de m'exprimer.

Reprenons :

Les invectives de certains clubs de cigares à l'encontre de l'association DNF et de ses dirigeants ont été nombreuses en cette année 2007. DNF, de son coté, n'a pas souhaité entrer dans des polémiques stériles, concentrant ses efforts en direction de ceux qui pouvaient entendre un discours pondéré visant à supprimer le caractère public des titres de presse écrite ou Internet dont l'objet social est de nature à encourager la consommation du tabac. Alors que les critiques véhémentes contre les actions de l'association continuent d'aller bon train, DNF prouve ainsi qu'elle sait également tendre la main aux associations qui font preuve de bonne foi.

Je pense que la personne qui a signé, plutôt écrit ce texte, devrait relire ce qui se dit sur le forum DNF.
Les attaques, sur ce forum, envers des sites ou des blogs, la plupart du temps consacrés à la pipe ou au cigare – à vrai dire il faudrait mettre le cigare en premier, le cigare ça fait plus riche et attise les convoitises – sont légions.
Dénonciations : des sites sont hors-la-loi, voici lesquels.

Un discours pondéré : il semble qu'un discours pondéré se traduise par un discours inaccessible par les masses. Il faut faire en sorte que le discours qui n'entre pas dans le moule soit inaccessible aux moteurs de recherche, dès lors, inexistant.

Si vraiment un discours pondéré était accepté, comment se fait-il que les écrits du professeur Molimard, depuis qu'il dénonce les trucages des chiffres des enquêtes sur le tabagisme passif, ne trouve plus d'éditeur ? Que pas un site internet ne lui laisse le droit de s'exprimer, dans le pays de la liberté d'expression ? Que pas un de ses arguments ne soient édités et affichés sur, par exemple, les sites anti-tabacs ? L'un des premiers et des plus virulents à avoir dénoncé les dangers du tabac devient persona non grata à partir du moment où il relève certaines irrégularités du discours ambiant et bien-pensant. Discuter des chiffres, sur la base d'études, est pourtant pondéré, et l'on ne peut accuser cette personne d'avoir été récupéré par les lobbys du tabac, mais qu'à cela ne tienne, on va faire plus simple. France, pays de la liberté d'expression, où es-tu ? Il ne s'agit pas de répondre à ses propos, il s'agit de les ignorer, tout simplement. Ne les citons pas non plus. D'ailleurs, ils n'existent pas.

Des membres de ce forum se décrivent eux-mêmes comme des anti-fumeurs intolérants, leurs propos ne sont pas corrigés, voilà qui est un grand signe de pondération.

Tendre la main ? Oui, les mendiants le font aussi, mais eux c'est pour de bonnes raisons.

L'association " Les Droits des Non Fumeurs " a fait délivrer à l'association " Pour une Poignée de Cigares " deux citations directes par-devant les Tribunaux correctionnels de Dijon (2006) et de Paris (2007). Elle faisait grief à " Pour une Poignée de Cigares " d'avoir communiqué, sur son site Internet, des informations relatives au cigare (appréciation critique, photos, représentations de bague...) accessibles au grand public et de nature à inciter à la pratique du tabagisme.
Elle estimait que, ce faisant, l'association " Pour une Poignée de Cigares " n'avait pas respecté les dispositions du code de la santé publique (articles L. 3511-1 et suivants) prohibant la publicité et la propagande en faveur du tabac.


Eh oui, c'est moche...

Une critique d'un cigare, pire, une photo de la bague ornant ledit cigare... et le pire c'est que tout cela se fait tranquillement. Quel mépris.

Ces bêtes personnes de P1P2C devaient penser, quel illogisme, qu'en visitant leur site, on devait forcément être intéressé par la question. Que ça n'était pas innocent. Mais non. Ouf ! Heureusement certains veillent. Ils ont pu mettre en lumière que tout un chacun se lève le matin, allume son ordinateur, et lance une recherche avec le mot cigare. Et le pire, c'est qu'il arrive sur des sites qui OSENT en parler, et émettre des appréciations CRITIQUES. Dès lors, comme chacun sait, le commun des mortels étant un mouton, n'aura qu'un réflexe : se dépêcher d'aller acheter le cigare en question.

Ca, ça n'est pas grave. Acheter un cigare, on peut. La preuve : l'Etat en vend, et en retire beaucoup d'argent. Donc , acheter un cigare ça n'est pas grave. Comme chacun sait, un cigare est fait pour être rangé dans une pile de draps.

Non, le problème, c'est que certains saligauds, je pèse mes mots, ne se contentent pas de l'acheter : ils le FUMENT !!

Heureusement, certains veillent. Fumer, c'est mal.

Respecter les dispositions du code de la santé publique ?

C' était si clair qu'il a fallu attendre un jugement pour pouvoir enfin savoir ce que la Loi entend par publicité ou propagande.

J'ai vu les mêmes juges et avocats ces temps-ci se livrer à des manifestations du plus mauvais effet. Hurlements, sifflets... il faut dire que la Loi, pour le coup, ne les arrangeait pas. Eux qui disaient que chacun doit connaître la loi, et que si vous allez passer quelques temps en tôle, ben mon gars, c'est pour ta pomme, la loi c'est la loi, pauvre type, allez au suivant... ben là, va falloir déménager... moche ! Oh la loi elle nous plaît pas, allez, on va manifester.

L'association " Pour une Poignée de Cigares " a, de sa propre initiative, modifié son site Internet afin de ne rendre les informations valorisant la consommation du tabac, et notamment du cigare, accessibles qu'aux seuls abonnés, à l'exclusion du grand public, ainsi qu'il est prévu au code de la santé publique.

Là, gros mensonge...

Ca n'est pas de sa propre initiative que l'association P1P2C a pris cette décision. Ben non. Les nouveaux croisés lui réclamaient une grosse somme... Il y a donc eu arrangement.

Je donne l'impression de dénoncer la façon d'agir de P1P2C – mais ça n'est pas du tout le cas : quand on a un couteau sous la gorge, on s'exécute. Je suis moi-même en train d'en faire autant. Faut pas croire. J'y reviens plus bas.

Dans ce contexte, l'association " Les Droits des Non Fumeurs " a estimé que ce site Internet était, dans ces conditions, en conformité avec les dispositions précitées du Code de la santé publique et s'est désistée de ses citations directes.

Avant, il y avait des juges, des cours de justice. Mais c'est dépassé, tout ça. Maintenant, ça n'est plus la loi qui décide, ce sont les associations. Elles jugent, estiment que voilà c'est bon, vous pouvez y aller. Dans le même temps, les juges, avocats et tutti quanti pleurnichent parce qu'il n'y a pas assez d'argent. Mais c'est plus la peine les gars. Vous mêmes vous êtes rentrés dans ce jeu : vous ne servez plus à rien, les associations sont là pour faire votre travail.

D'ailleurs, je vois que les divorces pourront être faits tranquillement, sans vous, chez les notaires... vous êtes contre, mais bien sur ça n'est pas parce que ça va faire moins de sous en fin de mois...

Vous avez pliés, tant pis, c'est réglé. On se passera de vous. D'autres ont pris votre place.

Certains clubs d'amateurs de cigares inondent la presse d'informations infondées qui donnent de l'association DNF l'image grotesque d'une milice qui pourchasserait les fumeurs dans le but d'obtenir de l'argent.

Ah là, j'ai du mal à comprendre. C'est normal, je ne suis pas assez intelligent pour faire partie d'une association. Alors qu'on m'explique.

La presse est inondée d'informations infondées ??

Vous voulez dire que la presse, serve comme chacun sait, ne vérifie pas les informations avant de les diffuser ??

Purée, les gars, c'est vachement grave ! Vous m'ouvrez les yeux ! Donc, quand la presse parle sans arrêt des méfaits du tabacs, du tabagisme passif, en reprenant les chiffres gouvernementaux, ça POURRAIT ne pas être vrai ??

Mais où allons-nous, je vous le demande.

Il serait intéressant de faire un comparatif entre les informations relayées par la DNF, et transmises par la presse, et celles transmises par les clubs de cigare...

Allez, je suis prêt à parier que c'est la DNF qui l'emporte.

C'est que, en vous attaquant à des organes de presse, vous mettez le doigt sur certaines censures qui ne peuvent que chatouiller quelques représentants de la presse en question.

Pour le reste, comme vous dites, la presse est forcément achetée et écrit n'importe quoi. Enfin, c'est vous qui le sous-entendez.

Euh... tout de même... dans le but d'obtenir de l'argent.. c' était pour rire, alors ? Les 30 000 euros que vous réclamiez à P1P2C ? Vous les auriez refusés ?

Bon sang mais c'est bien sur ! C'est juste de l'altruisme !

D'ailleurs il y a, encore, une chose qui m'échappe : pourquoi n'en parlez-vous pas, de ces 30 000 euros ? Vous avez honte ? Je ne les vois nulle part dans votre déclaration ?

Notez, je comprends : difficile de tenir un double discours : celui réservé aux associations quand on les menace, et celui qui est édité pour la presse...

L'association, en vertu de l'article L. 3512-1 du code de la santé publique, lutte activement contre les méfaits du tabagisme. La publicité et la promotion du tabac mettent à mal ses efforts en banalisant illégalement la consommation du tabac.

Euh... mais l'Etat n'est-il pas là pour ça ?

Pourquoi je paie des impôts ? L'Etat ne ferait donc pas son travail ? Et la Justice non plus ? Ce que je disais plus haut serait donc vrai ???

" Pour une poignée de cigares ", consciente du bien fondé de cette démarche s'est donc mise en conformité en limitant l'accès de son site à ses seuls adhérents, ce qui redonne à la communication son caractère privé.

Reconnaissant la bonne volonté et les efforts de cette association pour se mettre en conformité, DNF a donc décidé d'abandonner ses poursuites contre ce site Internet dédié aux cigares et souhaite que cette initiative incite les autres associations de ce type à suivre cet exemple.


Communication privée : c'est ça, nous vous laissons le droit de communiquer, mais pas comme nous. Nous nous communiquons en oubliant certains détails gênants, comme le pognon qu'on demande à des associations tenues non pas par de grosses sociétés, mais par des personnes privées. Vous, si vous voulez communiquer, que personne ne le sache, surtout ! Nous veillons.
La bonne volonté et les efforts ? Non, encore une fois, impossible de faire autrement. Tout le monde ne vit pas, comme l'association DNF, des deniers publics. Il y en a qui gagnent leur croûte. Une fois les impôts passés, il ne leur reste plus grand chose... Donc, il la mettent en veilleuse. Contraints et forcés.
Abandonner les poursuites ? Après s'être soumis à vos diktats, que vouliez-vous leur demander ? Le juge n'aurait-il pas trouvé la demande excessive ?

Et puis, très joli, la dernière menace : souhaite que cette initiative incite les autres associations de ce type à suivre cet exemple. Très joli ! Le message est passé d'ailleurs.

Attention, les gars, croyez pas qu'on va s'endormir. Vous avez intérêt à vous coucher sans ça on vous envoie les huissiers, puis les avocats, puis les juges.

Le droit, c'est nous.
La Loi, c'est nous.
Nous vous surveillons.
Nous pouvons transformer les images de votre téléviseur... (non là j'exagère, quoique)
C'est nous qu'on décide.
Vous nous devez obéissance.
Nous intervenons dans votre façon de vivre.
Nous vous disons ce qui est bien, et ce qui est mal.

Bientôt le monde sera à notre image.

Et le monde sera plus beau.

12 décembre 2007

Baudelaire et Molière, propagandistes du tabac ?

Je voulais écrire un article pour l'anniversaire du site, mais le temps vraiment m'a manqué. Je viens d'apprendre que le procès fait par la DNF à l'association P1P2C (qui se voyait réclamé 30 000 euros pour avoir affiché en libre visite une critique d'un cigare et la photo da la bague du cigare en question) s'est terminé à l'amiable. Plus de poursuites, plus d'argent, plus rien, à condition que l'ensemble de ce site ne soit accessible qu'après inscription, ou par mot de passe, je ne le sais plus, et que donc on ne puisse le trouver par le biais des moteurs de recherche.

J'avais donc écrit cette ébauche d'article il y a quelques semaines. J'avais vu juste. Tout ce qui fait allusion au tabac est considéré dès lors comme de la publicité indirecte. Cela aura des répercussions bien sur. Il va falloir que je m'attelle très vite à des modifications sur mon site. Beaucoup de travail, mine de rien. Et qui pose bien des questions.

Ce poème, par exemple :

Je suis la pipe d'un auteur ;
On voit, à contempler ma mine
D'Abyssinienne ou de Cafrine,
Que mon maître est un grand fumeur.
Quand il est comblé de douleur,
Je fume comme la chaumine
Où se prépare la cuisine
Pour le retour du laboureur.
J'enlace et je berce son âme
Dans le réseau mobile et bleu
Qui monte de ma bouche en feu,
Et je roule un puissant dictame
Qui charme son coeur et guérit
De ses fatigues son esprit.
Doit-on pouvoir y accéder librement, ou doit-il être censuré ?

Voilà donc cette ébauche, elle est ce qu'elle est, mais je n'ai pas le temps de peaufiner.


Nous vivons une époque difficile, nous autres fumeurs. Je parlais dans un autre article de vivre cachés pour vivre heureux, ce qui pouvait sembler exagéré, mais cela vient tout doucement... et cela fait mieux que de venir, cela se rapproche...

Car enfin il y a beaucoup d'excitation ces temps-ci : du côté des anti-fumeurs, qui se décrivent plutôt, je les cite, comme des non-fumeurs intolérants, ou des anti-tabac. Ils ne sont pas anti-fumeurs, enfin ils voudraient nous le faire croire, ils sont anti-tabac, notez la nuance... Notez aussi que cela revient au même. Et beaucoup d'excitation aussi du côté des fumeurs, qui se sentent pris au piège, et qui n'apprécient pas énormément de se voir traîter de "cloportes" ou d'"empesteurs".

Nos blogs, nos sites, vont-ils en faire les frais ? Et bien déjà, ceux qui voudraient les mettre à l'index les montre du doigt. Je remercie d'ailleurs les personnes qui pointent mon site : j'avais déjà une très bonne fréquentation, cela ne peut que l'améliorer.
Il faut dire aussi que la loi Evin a prévu beaucoup de choses.

D'abord, l'article 1 :
Art. 1er. - A compter du 1er janvier 1992, il est interdit de prendre en compte le prix du tabac pour le calcul des indices de prix à la consommation, publiés par les administrations de l'Etat, et notamment l'Institut national de la statistique et des études économiques.

Ce qui est déjà une bonne trouvaille, ça permet d'augmenter les prix du tabac sans pour autant faire mauvaise figure lorsque les chiffres de la consommation et de la hausse des prix paraissent. Cette augmentation est également une très bonne chose, puisqu'elle permet aux Français, peuple plutôt casanier, de passer les frontières et de découvrir les attraits du tourisme : Espagne, Italie, Suisse, Belgique, Luxembourg, proposent des tarifs attractifs non seulement pour les fumeurs mais également pour les conducteurs.

Et l'article 2 :
Art. 2. - Toute propagande ou publicité, directe ou indirecte, en faveur du tabac ou des produits du tabac ainsi que toute distribution gratuite sont interdites.<

Et c'est là qu'il convient de s'entendre : toute publicité est payante, elle rapporte à ceux qui l'affichent. Nos blogs et nos sites en étant dépourvus, si nos blogs et nos sites n'affichent pas de paquet de cigarette, de boîtes de cigares ou de tabac à pipe de façon à ce que l'on voit la marque (enfin, si les avertissement sanitaires n'ont pas pris toute la place !), nous ne pouvons être accusés de faire de la pub.

Mais la propagande ? Ah là voyez-vous, c'est la grande idée de ce texte. C'est plus délicat à définir, la propagande. Si je parle de pipes, ça n'est pas forcément de la propagande pro-tabac. Qouique... qui dit pipe dit fumeur, il faut bien le reconnaître. Alors bien sur on est pas obligés de fumer du tabac. Mais là aussi c'est prévu :

Sont considérés comme produits du tabac les produits destinés à être fumés, prisés, mâchés ou sucés, dès lors qu'ils sont, même partiellement, constitués de tabac, ainsi que les produits destinés à être fumés même s'ils ne contiennent pas de tabac, au sens du troisième alinéa (2o) de l'article 564 decies du code général des impôts

Cet article de loi nous dit que ce qui contient du tabac est assimilé à du tabac, et que ce qui n'en contient pas est aussi du tabac.
C'est très fort.

Et là-dessus, qu'y pouvons-nous ? Rien.

J'ai lu aussi, de la plume d'un anti-fumeur intolérant (c'est ainsi qu'il se décrit) que : En revanche, l'article 43-8 du code de la propriété intellectuelle dispose que les personnes responsables de blogs commettent également un délit "si, ayant été saisies par une autorité judiciaire, elles n'ont pas agi promptement pour empêcher l'accès à ce contenu".

Il ne me reste donc qu'à attendre d'avoir été saisi par une autorité judiciaire, auquel cas je me verrai forcé de fermer site, blog, et peut-être forum ? Puis passer quelques années à payer ma dette. L'argent n'intéresse pas les associations anti-tabac, mais c'est fou ce qu'elles en réclament.
Dans un pays qui se targue d'avoir été celui des Lumières, et d'avoir montré aux autres ce qu'est la liberté d'expression, c'est pas mal. Mais après tout, nous avons bien en France une Cérémonie des Molières qui depuis quelques années ne veut plus récompenser de comédie ou de pièce comique.

A propos de Molière d'ailleurs, une petite citation :

Quoique puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n'est rien d'égal au tabac: c'est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu et l'on apprend avec lui à devenir honnête homme. Ne voyez vous pas bien dès qu'on en prend de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde et comme on est ravi d'en donner à droit et à gauche, partout où l'on se trouve? On n'attend pas même qu'on en demande, et on court au devant du souhait des gens: tant il est vrai que le tabac inspire des sentiments d'honneur et de vertu à tous ceux qui en prennent.

Il y a quelques temps, des blagueurs en avaient fait un bon usage, proposant que les professeurs de Français remplacent "tabac" par "chocolat". Réponses embarassées des autorités en la matière, une recherche avec "Dom Juan" sur le groupe vous renseignera mieux.

Mais qu'en est-il ? N'est-ce pas de la propagande ? Va-t-on censurer nos blogs, nos sites, puis ces textes ? Va-t-on condamner Molière ?

Et Claude Evin ? A-t-il été condamné, pourchassé pour avoir figuré sur la photo ci-dessus ?
Alors, un site, ou un blog qui parlent de pipes sont-ils assimilables à du tabac ?

Je fréquentent, en grande majorité, des non-fumeurs. Mes amis sont majoritairement non-fumeurs. Je travaille avec des amis, majoritairement non-fumeurs.

Je ne peux compter qu'un fumeur de cigarettes, une fumeuse aléatoire qui dès qu'elle dépasse 5 cigarettes par jour va chez l'acupuncteur, et un fumeur qui a arrêté la cigarette ces temps-ci parce qu'il doit chanter et que chez lui les deux ne vont pas ensemble. Il s'y remettra plus tard.
Tous ont visité mon site, certains mon blog.

Aucun ne s'est mis à fumer la pipe.

Parce que je crois que l'on ne fume pas la pipe par hasard. On n'est pas seulement fumeur de pipe, on naît fumeur de pipe.

Et ça n'est pas parce que l'on voît des pipes ou des fumeurs de pipe que l'on devient fumeur de pipe. On peut s'y essayer. Mais il faut, si j'ose dire, avoir ça dans le sang.

Alors, en parler sur un site ou un blog est-ce de la publicité, de la propagande ? J'ai du mal à juger, et puis je suis trop intéressé dans l'affaire. Mais suite à un reportage télé, j'ai visité un site parlant de l'anorexie. On peut y lire ceci :

1. Si tu n'es pas mince, tu n'es pas attirante. 2. Être mince est plus important qu'être en bonne santé. 3. Tu dois t'acheter des vêtements étroits, couper tes cheveux, prendre des pillules diurétiques, jeûner,... Faire n'importe quoi qui puisse te rendre plus mince. 4. Tu ne mangeras point sans te sentir coupable. 5. Tu ne mangeras point de nourriture calorique sans te punir après coup. 6. Tu compteras les calories et restreindras tes apports. 7. Ce que dit la balance est le plus important. 8. Perdre du poids est bien / en gagner est mauvais. 9. Tu ne peux jamais être trop mince. 10. Être mince et ne pas manger sont les signes d'une volonté véritable et de succès.
Voilà un moment que ma balance ne peut rien me dire, je l'évite soigneusement. Mais je sais que je devrais faire attention à mon poids. Sans pour autant suivre ces dix commandements à la lettre, bien sur.

Mais cela dit, ces sites ne sont pas inquiétés. On laisse ces jeunes filles mourir à petit feu, tant qu'elles ne fument pas...

Autre chose : la bataille des chiffres. C'est à s'y perdre.
Un fumeur sur deux meurt par an en France.
Un fumeur sur deux meurt en France.

Déjà si un fumeur sur deux trouve la mort tous les ans, on peut s'étonner que nous soyons encore si nombreux. Vous me direz qu'on peut discuter des chiffres longtemps, et jouer avec. Une recherche sur Google donnent des chiffres du nombre de fumeurs en France tout à fait disparate, ça va de 15 à 20 millions, une paille.

Il y a par contre un chiffre que je m'étonne de ne pas voir plus souvent. Si l'un des trucs qui revient souvent est : les fumeurs ne devraient pas bénéficier de la Sécurité Sociale, ils creusent le déficit, ou même en sont responsables. Brrr... déjà que le fumeur est un impuissant qui pue de la bouche, mal élevé en plus, alors en plus il nous creuse le déficit.

Je suis donc allé sur le site de Tabac Infos Services : qu'y lis-je ?

"Combien coûte le tabac en France ?
Chaque année, l’état perçoit environ 10 millards d’euros de taxes issues de la vente du tabac. En revanche, le coût social du tabac, qui correspond à l’ensemble des coûts supportés par la collectivité (dépenses de santé, campagnes de prévention, perte de revenus et de production, etc.), est estimé lui aussi à 10 milliards d’euros."
Donc, le bilan est nul. On pourrait même faire des économies en évitant les campagnes de prévention.

Il semble donc que lire un article sur du tabac soit considéré comme aussi dangereux que l'acte de fumer lui-même. Il me faudra donc inscrire un jour, en lettres grasses, sur ce blog, et bien sur en page d'accueil du site :

ATTENTION, PARCOURIR CE SITE PEUT PROVOQUER DES PROBLEMES D'ERECTION